lundi 25 septembre 2017

Cours M3SC03 La fabrique des oeuvres audiovisuelles

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Production, contenu, audiences : la fabrique des œuvres audio-visuelles (M3SC03)TD: 2 h / Catherine Bertho Lavenir. Le cours donnera des bases pour une analyse contextualisée des œuvres audio-visuelles aussi bien au cinéma qu’à la télévision à partir d’exemple pris dans des champs culturels très différents aux XXe et XXIe siècles. On étudiera à chaque fois l’articulation entre contexte de production, contenu de l’œuvre et réception critique selon un canevas d’analyse précis élaboré en cours. Références : Frédéric Barbier, Catherine Bertho-Lavenir, Histoire des médias, de Diderot à Internet, Paris : Armand Colin, 2003 ; Catherine Bertho Lavenir, La démocratie et les médias au XXe siècle, Armand Colin, 2000. Les autres références et les notes de cours seront accessibles sur un blog spécialisé.
Programme
Cours n° 1 Hollywood et l’industrialisation du cinéma 1910-1940
Film Charlie Chaplin, The Rink, 1916
Cours n°2  Le cinéma en Europe, Artisanat, Art Industrie
Cours n° 3 La Radiodiffusion et le soap opéra
Cours n° 4 Les mutations de Hollywood, entre contre-culture et blockbusters,1940-1980
Cours n° 5 Naissance de la télévision : le modèle américain
Cours n° 6 Naissance de la télévision, les modèles européens
Cours n° 7 Hollywood, centre du monde industries et domination culturelle
Cours n° 8 En Europe, des cinémas «  nationaux »
Cours n° 9 La télévision à l’âge de HBO : la mutation des séries
Cours n° 10 Ce que Internet a fait aux industries de l’image
séance n° 11 Devoir sur table.
Contrôle
Un devoir en temps libre. Analyse contextualisée d’une œuvre audiovisuelle choisie dans les domaines étudiés en cours. Devoir sur table : question de cours et/ou analyse de document.

Les mutations de Hollywoo M3SCO1 programme automne 2017


Cours  "Histoire du cinéma : les mutations de  Hollywood (1930-2000)" (M3SC01)
1H/semaine
Le lundi -

Programme  .Il s’agira d’étudier les grands moments de mutation de l’économie pratique et symbolique du cinéma américain : la construction du modèle classique hollywoodien dans les années 1930, la crise du système à partir de 1940 et l'émergence de styles et de thèmes nouveaux ainsi que les reconfigurations économiques et stylistiques de la fin du XXe siècle.  On verra notamment comment les évolutions des dispositifs techniques, de l’organisation économique des studios et la mutation du système de censure ouvrent la voie à de nouveaux réalisateurs et à de nouveaux genres cinématographiques.  A partir d’extraits de films on mettra en évidence la façon dont l’industrie de l’image a façonné la culture et la contre-culture américaines.

Cours n° 1 Introduction – Le modèle classique des studios.
 Film Mae West Belle of the Nineties, 1934 –

Cours n° 2 Hollywood dans les années 1950. L’ébranlement du système de censure
Film : Otto Preminger, The Moon is blue, 1953

Cours n° 3 La Comédie musicale, une esthétique américaine,
Film :  Rouben Mamoulian, Ninotchka, 1957

Cours n° 4 Le rating system et ses effets pervers : cinéma érotique et classement X
Film : Russ Meyer, Beyond the Valley of the Dolls, 1970 – Le flirt avec la contre-culture : dénis Hopper, Easy Rider, 1969

Cours n° 5 Les films de la « Blackexploitation »
Film : Melvin Van Peebles, Swet Sweetback’s Baad Assss Song,1971

Cours n° 6 Figures du nouvel Hollywood : F. F Coppola, G Lucas, M. Scorsese
Film : Apocalypse Now, F F Coppola, 1979

Cours n° 8 Walt Disney, un autre cinéma à Hollywood
Film : Walt Disney, Snow White and the Seven Dwarfs, 1937

Cours n° 9  Hollywood capitale mondiale de la série : de CBS à HBO
Série : à préciser

Cours n° 10  La troisième crise des studios. Les productions multimédia.
Thème : Superman, films, séries, jeux 1938-2000

Cours n° 10 Ce que Internet a fait à Hollywood

Cours n° 11 Devoir sur table.

Mae West : contextualiser un film


Mae West
De Broadway à Hollywood












Problématique
  • Culture populaire/industrialisation de la culture
  • Hollywood et l’industrialisation de la culture
  • La censure, un enjeu economique
  • Représentations des femmes dans le cinéma des années 1930
Rappel : Hollywood et l’industrialisation de la culture • Le ‘système des studios’ après 1930 • Apparition du parlant
• La faillite des studios
• A la recherche d’un «grand public » • Scandales des années 1920
• Le code Hayes

Représentations des rôles féminins
  • Référence,Peter N.Stearns, AmericanCool. Constructing a Twentieth-century Emotional Style, NYU Press, 1994, 366 p.
  • ‘VictorianStyle»:combinaison de
    -grande intensité émotionnelle 
    -restrictions concernant le sexe

     -contrôle du corps
     L'émotion offre l’occasion de s’affranchir des standards rigoureux appliqués aux autres domaines
Nouvelle culture des années 1920
  • Manuels de « savoir vivre » pour les classes moyennes
  • Dans le mariage l’accent est mis sur la compatibilité sexuelle et la satisfaction légitime des désirs
  • Redéfinition de la féminité en termes de sexualité
« Roaring Twenties »
  • Libération symbolique des corps féminins: plus de corsets, jupes courtes, cheveux coupés
  • Nouvelles formes de travail féminin depuis la guerre
  • Milieux du théâtre et ducinéma: affranchissement des contraintes victoriennes; divorces et remariages éclair; Patty « Fat » Arbuckle et la mort d’une starlette
Crise des années trente Gold Diggers of 1933 : La chasse au riche mari comme stratégie légitime
Code Hayes : l’enjeu • Excitation /violence/sexe/  -figures contemporaines de l’urbanité (gangster) : public urbain/jeune/masculin *représentations post-victoriennes de la famille/  - contrôle sexuel/émotions/conformisme familial/social : public familial/féminin/middle class/rural/urbain
II. Le film
Mae West
  • Arrive à Hollywood en juin 1932.
  • Carrière de chanteuse de revue et de music hall.
  • Six ans comme actrice à Broadway; succès de scandale;
  • Dernière pièce sur une histoire d’amour interraciale The constant sinner; tombe après 64 représentations.
Mae West
  • Crise à Broadway. Hollywood. 36 ans;
  • Le Hays Office (censure) a officiellement averti les studios qu’ils considèrent West comme « pornographe » et ne veulent pas d’elle dans les films
  • Elle n’est ni mince ni une brune « européenne », figures féminines à la mode
Mae West
  • Elle a un contrat Paramount pour un seul film surtout grâce à son ami Georges Raft.
  • La presse spécialisée et Louella Parsons la trouvent trop grasse, trop blonde et trop vulgaire
  • S’installe à Hollywood dans un appartement qu’elle conservera. Extravagant : peau d’ours polaire, statues de nus, et miroirs au plafond dans sa chambre.
  • Reçoit beaucoup de messieurs:ils doivent avoir quitté la maison au petit matin...
Mae West auteur • Elle n’a plus le temps entre 1933 et 1936 sommet de sa carrière d’écrire des scripts pour elle-même come elle le faisait à Broadway et donc donne des règles à ceux qui travaillent pour elle. Intéressant :on comprend comment se construit le personnage d’une star
Des recommandations à lire en fonction des codes communs de la féminité • Elle écrit : « Mae West ne peut jamais prendre le mari d’une autre femme, courir après un homme, jouer un rôle de mère, exposer ses membres, être repoussée par un autre personnage. M. W. doit toujours se sortir de la situation avec une grâce royale, émerger totalement triomphante de chaque rencontre et faire rire l’audience »

Mae West, le personnage • Autres règles : son personnage n’a pas de parents mais un passé secret, éventuellement chargé de crimes et plein d’amants; elle n’a jamais le cœur brisé; elle est riche et les hommes la couvrent de cadeaux; elle ne meurt jamais, ne souffre pas, n’a pas peur, n’est pas trompée et jamais, jamais ne peut être mariée...

Mae West à l’image
  • Un film avec elle requiert une «entrée » : dix minutes de préparation pendant lesquelles les hommes célèbrent sa beauté et les femmes méprisent son style de vie.
  • Elle apparaît et ensuite « s’empare » du film. Elle est dans toutes les scènes où elle occupe toujours la vedette, même en dépit de la vraisemblance ou de l’intrigue.
  • Première idée adapter son grand succès de Broadway « Diamond Lil ».
  • Pb : le Hayes Office l’avait mis à l’index depuis 2 ans
  • Paramount demande cependant à John Bright (The Public Ennemy, 1931) de l’adapter
  • West veut contrôler chaque mot. Conflit; Bright est renvoyé
  • Deux fragilités de West
  • -veut être un auteur (or le schémade sa pièce est celui d’un mélodrame 1880’s)
  • -sa vie dissolue (tout le monde l’est à Hollywood mais elle sort du cercle des acteurs : elle invité des hommes d’affaires, des héritiers mais aussi des artistes inconnus et des sportifs noirs. Or Hollywood se sent "upper class" et est ouvertement raciste.
  • West vient de Brooklin;son pere est un boxeur, puis detective puis agent immobilier; à neuf ans joue comme enfant dans des mélodrames populaires
  • Elle adore le vaudeville, à 15 ans part en tournée; puis monte un numero avec un jazzman; se marie secrètement (et refusera de le dire)
  • Débute à Broadway avec une revue «A la Broadway » dans un théâtre nommé « Folies Bergères ». Le manager est Jesse Lassky futur directeur de la Paramount
  • Chante, danse,comédie
  • Attrait : le sexe. Sa voix typée languide est combinée avec des costumes qui moulent ses formes et des gestes marque de fabrique : une main derrière la tête, l’autre sur la hanche. (hip)
  • Elle emprunte un dehanchement (suggestive wiggle) lorsqu’elle danse aux danseuses noires de cabaret
  • Elle écrit elle-même une pièce intitulée «Sex» qui atteint en 1926 385 représentations malgré des critiques scandalisées (l’héroïne est une prostituée de Montreal qui vit avec un maître chanteur noir et aime un officier de marine...)
  • La pièce est attaquée par la Croisade pour la suppression du vice: elle fait de la prison (8 jours) pour « corruption du moral de la jeunesse »
  • Hays se rend compte que la Paramount veut adapter Diamond Lil et entend combattre pour que le film soit « safe ».
  • 1932 Banqueroute; le nouveau patron Cohen essaye de sauver le studio avec des films « de femmes » : « mauvaises femmes » qui vivent dans le luxe : Back Street, Possessed, Blonde Venus, films qui rapportent
Les Hays Office et Mae West
  • Le Hays Office revise touts le script;la traitedes blanches devient fausse monnaie; on insiste sur le côté 1890; l’officier de l’Armée du salut tenté par l’héroïne devient un simple travailleur social , ...
  • West rend toutes les coupes encore plus suggestives; Hays est furieux à la première vision; le pb avec elle n’est pas ce qu’elle dit mais comment elle le dit.
  • Particulièrement furieux vis à vis de la chanson « Un type qui prend son temps »
  • L’affiche dit « hitting the high spots in lusty entertainment» Zukor et Arthur Mayer se disputent sur le sens de « lusty »
  • Grand succès de 1933 She done it wrong
La réaction puritaine
  • Election de Roosevelt
  • Publication du livre « Our movies make children » enquete « scientifique » de 1929 et 1933 . Vulnérables les jeunes filles qui apprennent à « tenir une cigarette comme Nazimova, sourire comme Norma Shearer, jouer des yeux comme Joan Crawford »
  • Hays recrute Joseph Breen, croisé moral catholique conservateur, antisémite
  • Le sceau du comité est indispensable avant diffusion (accord interne)

  • S’attaque au projet en cours une adaptation de The constant sinner, qui sera Belle of the Nineties
  • Breen rejette entièrement le premier script comme vulgaire, obscène, glorificationd e la prostitution, des criminels, et du crime impuni
  • Changements
  • RubyCarter n’est plus une prostituée
  • TigerKid n’est plus un ex-gangster en même temps qu’un boxeur
  • On enlève une scène où elle vole de l’argent et une autre de baisers langoureux
  • Breen est furieux de la séquence de cinq jours au lit
  • On enlève la scène ou après avoir flirté avec un homme elle lui demande « quel est votre nom? »
  • Et même Ruby et Tiger Kid se marient légalement à la fin
  • Ne reste rien de l’histoire; que des phrases choc et des numéros musicaux avec Duke Ellington et son orchestre noir qu’elle a imposés. Mae West & Duke Ellington - My Old Flame (1934)
    Ce sera le dernier film de West qui se passera dans les bas fonds
  • Le suivant Klondike Annie sera aussi sauvagement censuré or West perdait sa raison d’être en cessant d’être une bad girl.
  • Elle fait des films mais en 1943 retourne à la scène; Breen a gagné

Fiche type d'analyse d'une oeuvre (approche histoire culturelle)

FICHE TYPE d'Analyse contextualisée d'une œuvre

Jean Renoir, La Marseillaise, 1937
Introduction - trouver une problématique dans laquelle inscrire son analyse
 
Exemple n° 1: le film comme outil de mobilisation politique . 1936, Jean Renoir, le parti communiste et la mémoire de la révolution française.
 
Décomposer en différentes questions

A. Questions - vers une problématique.
- Quelles est la lecture de la Révolution française qu'offre ce film ? Pourquoi comme cela et à ce moment ?
- la représentation du peuple insurgé
- la représentation de la révolte comme légitime ou illégitime
- le rôle des classes dirigeantes
- le rôle des partis politiques
- le statut de la République ….

Pourquoi ?
- Il est produit dans des conditions liées au contexte du Front populaire;
- Son contenu raconte un moment clef de la Révolution française;
- Il a été pensé comme pouvant entrer en résonance dans l’esprit des spectateurs avec la situation contemporaine (1934-37);
- Attention : nous pensons avec des catégories mentales de 20017 !

Comment procéder :
- 1° Visionner le film ; attention aux différentes versions.
- 2° Lire des ouvrages et textes de référence.  Ex. Chantal Thomas, « La Marseillaise de Jean Renoir : naissance d’un chant », dans J-C Bonnet et Ph. Bonnet ( dir) La légende de la Révolution au XXe siècle, Flammarion, 1988, 222 p., pp. 116-138
SE SOUVENIR DE CETTE FAÇON DE CITER UNE SOURCE. Sur Internet choisir les sources les plus intéressantes : ex. l'interview de Jean Renoir dans les archives de l'INA ou les documents académiques ( la video du cours de Danielle Tartakowski).

Comment présenter ses résultats ?
Schéma proposé :
1° Contexte général
2° Contexte particulier (histoire du cinéma)
3° Analyse du film
4° Réception
5° Conclusion (revenir sur les question posées dans l’élaboration de la problématique)

1° Contexte général
Articuler la temporalité en fonction de la question posée. Ici il sera intéressant de considérer la décennie 1930-1940. TOUJOURS EVITER DE REMONTER AUX CALENDES GRECQUES
- le Front populaire en France
o 1932 - gouvernement de droite
o 6 février 1934 - menace de prise de pouvoir insurrectionnelle de droite évitée.
o 1933 - prise du pouvoir par Hitler en Allemagne
o le PC décide d’accepter un accord électoral avec le PS et les radicaux
o début 1936 : campagne électorale commune ; le PC choisit la ligne «ouvrier, paysans, intellectuels »
o la réalisation du film est envisagée
o 1937 fin du gouvernement de Front populaire ; montée de la guerre.
Sortie et échec du film en 1938

Dans ce contexte la représentation collective de "qui est le peuple français", de la possibilité de faire une révolution et d’en faire durer les effets est un enjeu politique immédiat et réel.

2° Contexte particulier ( interne à l’histoire du cinéma).
- Le cinéma français des années 1930 : économie : production au coup par coup ; scandale récent (faillite Nathan) ; crise économique générale
- Réalisation : la réalisation du film est demandée à Jean Renoir.
o Figure très particulière. Qui est-il ? Fils du peintre ; tourne Les Bas Fonds ; 1937 tourne La Grande Illusion :contenu humaniste et politique : unité nationale; réalise aussi Une partie de campagne (critique de la bourgeoisie française),
o 1936 le parti communiste lui demande de participer au film La Vie est à nous ; « donne » son nom- dirige la séquence finale – travaille avec Jean-Paul Le Chanois et Jacques Becker qui vont se retrouver sur La Marseillaise.
- La Marseillaise est conçue après l’accession des socialistes au pouvoir. Double financement
o Militant :. (p. 117) Souscription lancée le 31 juillet 1937 dans l’Humanité … « parts de 2 francs récupérables sur le prix des places… » 1 500 000 parts à 2 francs.
o Soutien du gouvernement (disposition de l’armée pour « jouer » Valmy). ; prévoit la participation de « grands noms » des lettres et arts : Marcel Pagnol, Henri Jeanson, A. Honneger, G Auric …
o En fait échec de ce système militant. Le financement final sera fait selon des schémas plus traditionnels

3°. Analyse du film
- Enjeu en termes de contenu
o Quel récit ? On suit le bataillon des Marseillais qui « monte » à Paris soutenir la révolution en danger (parallèle possible avec la nécessaire mobilisation de toute la France derrière le front populaire – rappel 1870 )
o La représentation du peuple : pas comme « la canaille révoltée contre les gens de qualité» mais comme réunion fraternelle de tous les Français.
option lisible dans la figure des héros :
- le marquis de Saint-Laurent est dépassé ; il représente un temps révolu ; n’a pas vraiment la force de s’opposer aux révolutionnaires
- Honoré Arnaud, le lettré bourgeois qui s’allie à la Révolution, considère affectueusement le peuple et s’y inclut. Son histoire d’amour avec une jeune fille du peuple est une métaphore de l’histoire d’amour entre les diverses composantes du peuple français unies dans le désir de faire la révolution. On notera au passage la position parfaitement dominée des femmes.
L’articulation entre les personnages reflète celle que désire le parti communiste dans la conduite de la situation en 1937
- l’énergie est donnée par un homme du peuple qui se donne à la révolution;
- les choix stratégiques et l’analyse de la situation sont faits par un homme compétent ( il sait lire, écrire, connaît le monde) qui est sincèrement allié au peuple.
§ sur le plan formel l’alliance des différentes parties du Peuple est montrée par le fait que les personnages se touchent, s’embrassent, …

- Analyse d’une séquence
Plans – Image – Dialogues – Musique
Choix de la séquence. « L’arrivée dans la montagne des proscrits de Marseille. » Pourquoi ?
-On n’a que trois personnages :ils représentent à la fois les composantes du peuple français de 1789 : un paysan, un bourgeois de la ville, un pauvre curé ; on peut leur trouver un équivalent en 1937 du point de vue du PCF.
-Ils ne peuvent subsister qu’en mettant en commun leurs talents spécifiques.
- Ils désignent leur ennemi commun.
- Ils vont gagner.

La dimension esthétique a une importance:
- elle illustre la façon de filmer de Jean Renoir présente aussi dans ses autres films ; longs mouvements de caméra fluides ; passages à travers des fenêtres et des ouvertures ; s’appuyer ici sur les analyses esthétiques du style de Renoir.
- regarder s’il y a beaucoup de plans moyens, américains, larges, gros plans… ;remarquer les images où les personnages se touchent et occupent tout l'écran; la disposition en pyramide : qui est au sommet ?; les gros plans de visage : est-ce une foule informe ?
- montage serré ou non ;

4° Réception
Le film sort en février 1938. C’est un échec commercial.
On analyse la réception à partir de plusieurs données : - les entrées ; - la critique. Le contenu de cette dernière doit toujours être rapportée à son « support »
- les communistes soutiennent le film ( p. 124); Aragon article dans Le Soir 11 février 1938 ; le contraire d’un film hollywoodien
- les écrivains et socialistes de droite détestent le film (citation p. 124);
- la presse socialiste (Marianne) éreinte le film pour des raisons idéologiques.
- Analyse de Renoir dans un entretien ultérieur (Les Cahiers du Cinéma, 1967) : les gens d’avant 1939 étaient plus indifférents à la révolution ; la représentation du peuple dans ce film rompt avec l’imagerie républicaine : complexité narrative, absence de solennité : pas de Saint-Just, Marat, ni Danton.
Conclusion […]
Ce film a un sens dans le contexte de sa production ; les résultats de l’analyse peuvent être introduits dans une réflexion sur la problématique générale de la représentation du peuple citée en entrée.


 L'année universitaire reprend. Voici l'annonce des deux cours-TD que je reprends cette année au premier semestre.

Sorbonne nouvelle - Département de Médiation culturelle; 
LICENCE 2  COURS 1er semestre 2017-18

Production, contenu, audiences : la fabrique des œuvres audio-visuelles (M3SC03)TD: 2 h / Catherine Bertho Lavenir. Le cours donnera des bases pour une analyse contextualisée de la production des œuvres audio-visuelles aussi bien au cinéma qu’à la télévision à partir d’exemple pris dans des champs culturels très différents aux XXe et XXIe siècles. On étudiera à chaque fois l’articulation entre contexte de production, contenu de l’œuvre et réception critique selon un canevas d’analyse précis élaboré en cours. Références : Frédéric Barbier, Catherine Bertho-Lavenir, Histoire des médias, de Diderot à Internet, Paris : Armand Colin, 2003 ; Catherine Bertho Lavenir, La démocratie et les médias au XXe siècle, Armand Colin, 2000. Les autres références et les notes de cours seront accessibles sur ce blog.


Le lundi de  12H30 à 14 H 30
Histoire de la spécialité. (MSC3C01) Histoire du cinéma : les mutations de Hollywood (1930-2000) TD : 1 h / Catherine Bertho Lavenir. Il s’agira d’étudier les grands moments de mutation de l’économie pratique et symbolique du cinéma américain : le déclin, à la fin des années 1940, du modèle classique hollywoodien mis en place dans les années 1930, l’émergence d’un « Nouvel Hollywood », ouvrant la voie aux blockbusters des années 1980 et aux reconfigurations économiques et stylistiques de la fin du XXe siècle. A partir d’extraits de films on mettra en évidence la façon dont l’industrie de l’image a façonné la culture et la contre-culture américaines. Ouvrage de références : Jean-Loup Bourget, Hollywood, la norme et la marge, Nathan, 2004.  Peter Biskind, Le Nouvel Hollywood : Coppola, Lucas, Scorsese, Spielberg, la révolution d’une génération. Paris, le Cherche Midi, 2002. Les notes de cours seront accessibles sur un blog spécialisé. Les notes de cours seront accessibles sur ce blog.

Le Lundi de 15H à 16H  ( horaire actuel)