dimanche 5 février 2017


M2 Recherche «  Provocations et censures »- Cours n° 3 . M2 R. 1er février 2017

Des images im-montrables ?


   

 Introduction

Lewis Caroll,
Alice as a beggar Child
, 1859
« Controverses ».On prendra comme point de départ le catalogue d’une exposition suisse appelée «Controverses ». C’est une exposition conçue en Suisse, reprise par la BNF. Elle rassemble une longue suite de photographies qui ont en commun d’avoir été objet de controverses en leur temps. C’est une sorte de série » d’étude de cas »  qui permet d’identifier  le contexte de chaque controverse La présentation chronologique pourrait faire penser qu’elle illustre une évolution vers toujours plus de liberté. En fait il n’en n’est rien et sur des sujets précis comme la représentation sexuée de très jeunes filles ou de jeunes garçons on observe au contraire un resserrement (légitime) des possibilités de «montrer » l’image. La diversité des images en revanche permet d’illustrer la variété des enjeux .


Lewis Caroll, Xie Kitchin Sleeping, 1874
Les thèmes abordés par l’exposition sont divers. On peut identifier un ensemble de photographies qui se rapportent à des thèmes politiques et illustrent la problématique de la manipulation réelles ou supposées de l’image. Ainsi « le milicien » de Capa ou les représentations de Staline. Un second thème est « l’obscénité de l’émotion », illustrée par les photographies de la fillette engloutie dans la boue, la « Madone algérienne » ou certaines photographies de Salgado en Ethiopie. Un troisième thème tourne autour de la pornographie, la pédophilie et les usages abusifs de l’image sexuée. L’exposition présente à cet égard des photographies prises par Lewis Carrol (1832-1898), Xie Kitchin Sleeping, 1874 et Alice as a beggar Child, 1859. Les modèles ont inspiré Alice au pays des Merveilles.

La controverse et le jeu des acteurs. Nous allons reconsidérer certaines de ces photographies et déplacer notre regard des images vers les controverses qui les ont entourées lorsqu’il s’est agi de les faire circuler dans l’espace public sous la forme de publications (livres, revues) ou dans les musées en nous intéressant aux acteurs (artistes, médiateurs, directeurs de musées, commissaires d’exposition), médias, politiques … ). L’intérêt de la controverse (Bruno Latour, Histoire des sciences) est qu’elle met en évidence les acteurs, les enjeux déclarés ou cachés, les stratégies, les tactiques et les valeurs affichées par les protagonistes du conflit.

I. « Eva 8 » Une image impubliable ?

Nous nous intéresserons dans un premier temps à une photographie prise par Irina Ionesco portant le titre de « Eva 8 » qui a progressivement changé de statut en devant impubliable et im-montrable en raison d’un changement dans la sensibilité du public mais aussi au terme d’un combat mené par l’enfant photographiée devenue femme pour que soit reconnue l’atteinte faite à son intégrité et la souffrance infligée. Pour cette raison nous ne montrerons pas cette photographie. L’image est tirée de la série où se trouve aussi “Eva, palais Mucha, 1970” citée et commentée dans l’exposition « Controverses » . Elle appartient à une série de 124 clichés.
Irina Ionesco est une photographe d’origine roumaine. La chronologie du devenir de la photographie peut être résumée ainsi :
En 1974 a lieu la première exposition des photographies d’Irina Ionesco mettant en scène sa fille Eva à Paris  Elle publie en 1977, Temple au miroir avec Alain Robbe Grillet, Paris, Seghers, à Paris (prix de vente actuel autour de 350 euros). En 1978, un scandale soulevé par le journal Ici-Paris autour de ces photographies. Irina Ionesco gagne le procès où la garde de sa fille est en jeu
En 2004 : La photographie est publiée à nouveau dans Eloge de ma fille Eva, Alice Press, Los Angeles. Un conflit s’élève autour de la distribution du livre. Stackpole Distribution en bloque la diffusion par crainte de poursuites judiciaires. Le distributeur empêche toute vente sur le site Amazon sur le sol américain. (Source Catalogue, Controverses, p. 16). L’éditeur Alice Press prend l’avis d’un juriste qui dit que “aucune image contenue dans la publication n’est susceptible d’être poursuivie légalement dans quelque juridiction que ce soit aux Etats-Unis” (cité par J.R « Fulfillment House Refuses to Ship Art Title » Publishers weekly, 29 nov. 2004). Alice Press désigne la décision de Stackpole comme « un acte de censure dramatique et inconsidéré » (Pen USA, 29 nov 2004)
Dans la critique européenne, des interprétations diverses de ces photographies coexistent mais tendent à justifier la transgression au nom de la valeur artistique.
Le critique Chris Müller intitule son texte  “Irina Ionesco a photographié sa fille en enfant prostituée” (Chris Müller “ Irina Ionesco, Eloge de ma fille », European Photography, vol. 25, n° 76, 2004-2005, p. 76.) Richard Leydier à l’inverse écrit qu’il faut « réfréner son premier réflexe moral » : “Devant ces images il faut sans doute réfréner son premier réflexe moral. Alors, le problème de la nudité enfantine s’efface devant cette relation mère-fille très tendue qui est peut-être le vrai sujet, et qui donne sa dureté au livre”. Richard Leydier, « Irina Ionesco : Eloge de ma fille”, Art Press, n° 307, dec. 2004, p. 65
En 2009  brève enquête sur Internet  permet de retrouver la trace de l’opinion des conservateurs de bibliothèque américains telles qu’exprimées dans des publications professionnelles.  Cretains le considèrent que sa valeur artistique et informative justifie sa place dans une bibliotheque d’université spécialisée et écrivent que c’est « Un livre que toute bibliothèque d’université doit s’honorer d’avoir » sur abebook.
Sur MBR Bookwatch on pouvaitt lire :
« In the foreword, historian of photography Graham Ovenden urges that there should be no negative moral judgements towards photographs such as these, for these are photographs which show images of nudity "held in grace." We should view these images without the "immorality of prudery." Ionesco herself reminds us in the book's "Historical Background": "The photos could also be controversial. However, it is only a question of one's point of view...The liberty I took in baring her was innocent....In my gaze the greatest love of all took place." Weaving threads of baroque orientalism, gothic eroticism and surrealist fantasy, these mysterious photographs bear witness to a passionate love, a "dark love" as Ovenden describes it, between Irina lonesco and her remarkable daughter Eva lonesco. »

Sur Amazon.com en 2009 on trouve le livre. La rubrique « les avis des internautes »  est vide. A la place citation d’un critique  cité plus haut "A virtuoso manipulator of the transgressive feminine erotic.... [Irina Ionesco] has a superlative eye, and some fabulous images result." -- Chris Miller, European Photography, No. 76 2005, p.76.

       Cependant l’interprétation des photographies comme la trace d’un abus sexuel infligé à une enfant va s’imposer dans les années suivantes, notamment à l’issue de procédures judiciaires et d’actions publiques menées par Eva Ionesco. Cette dernière réalise un film intitulé My Little Princess (article critique du monde http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/06/28/my-little-princess-la-petite-fille-modele-et-la-sorciere-au-leica_1542024_3476.html)

       En 2012 un procès oppose la mère et la fille. Irina Ionesco est condamnée à restituer certains négatifs à sa fille mais la justice ne lui interdit pas l’exploitation commerciale des photographies. http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/12/17/irina-ionesco-condamnee-pour-les-photos-sulfureuses-de-sa-fille_1807528_3224.html

       Irina Ionesco fera à nouveau des expositions dans une galerie parisienne où cette fois elle met en scène son propre corps.

II. Une image in-montrable ou inexposable ?

1975 : Gary Gross. En 1975 le photographe Gary Gross prend des clichés de Brooke Shields, alors enfant, dans des conditions ainsi décrites par un blog
 “Nous sommes en 1975 et Gary Gross, photographe américain, réalise une série de photos d'une enfant de 10 ans, la future actrice Brooke Shields, entièrement nue dans une salle de bains remplie de vapeurs d'eau chaude. A ses poses lascives, les photos ne cachent absolument rien de la nudité de la petite fille. » 
Pour Gary Gross, cette série de photos, très provocante, doit illustrer sa pensée selon laquelle une petite fille ne devient pas une femme du jour au lendemain. Elles ne rencontrent pas d’opposition. Dans les années 70, la tolérance est plutôt de mise. La vigilance vis-à-vis des affaires de pédophilie ou d'exploitation sexuelle des enfants est moindre. A l'époque, la mère de la jeune Brooke Shields touche 450 dollars pour céder les droits du cliché au photographe new-yorkais. Rapidement, la photo est publiée dans divers magazines.
 Ensuite la jeune fille tente de récupérer ses droits sur le cliché. Brooke Shields, qui entre-temps est devenue une star de cinéma avec son rôle dans «La Petite» de Louis Malle (1978) puis dans «Le Lagon bleu» (1980) tente, à plusieurs reprises, de récupérer ses droits sur le portrait. En vain. En 1983, notamment, la justice américaine établit que la photographie n'est ni sexuellement provocante, ni pédophile ou encore pornographique.

1983 : Richard Prince. En 1983 la carrière de la photographie est relancée dans un nouveau cadre. L’artiste Richard prince la rachète, lui donne un nouveau nom, « Spiritual America »  et l’expose. C’est une pratique habituelle à l’artiste. Elle a pour visée de faire réfléchir le spectateur sur le sens des images qui l’entourent.

Dans les années qui suivent, la possibilité d'exposer la photographie dans les musées va varier en fonction de l'époque et du contexte. Tout s'accélère à partir de 2007. 

Au musée Guggenheim de New York en 2007 « Spititual America est exposée sans soulever de controverse, sans doute parce que la démarche de Richard prince est connue dans le monde de l’art aux Etats-Unis et que son interprétation prévaut. En revanche, dans les années 2000 le contexte a changé. La sensibilité collective aux affaires de pédophilie est beaucoup plus forte et l’encadrement institutionnel des expositions différent.

Le musée de l'Elysée de Lausanne puis la Bibliothèque Nationale de France (mars 2008), sein présentent l'exposition «Controverses»  où le cliché est bien identifié comme controversé – c’est la raison de sa présence dans l’exposition -  mais aucune demande de retrait n’est effectuée.  

A Genève il n’y a pas de problème :
Interview du conservateur Christian Bernard
Avez-vous hésité ou renoncé à exposer certaines pièces par crainte de représailles?
«  Jamais. Nous bénéficions d'une vraie tolérance à Genève, même si l'on peut toujours craindre que cela évolue. Au fond, le fait que l'on mette en accusation des images, c'était un phénomène oublié. Lorsque nous avons ouvert le musée en 1994, nous montrions sans problème un tableau de Franz Gertsch: le portrait de sa fillette nue.
La pièce, peinte à l'époque de l'émancipation des moeurs, évoque toute cette période de banalisation de la nudité qui court de la moitié des années 1960 à la moitié des années 1970. Une décennie durant laquelle il était naturel de débattre également de la sexualité des enfants, notamment du fait de la diffusion de la psychanalyse. Aujourd'hui, ces images ne sont plus vues seulement comme des représentations d'un moment de l'histoire de la sensibilité, mais aussi comme des incitations implicites à la pédophilie. Le Franz Gertsch n'échappe pas toujours à cette confusion morale et intellectuelle. »




      A la Tate Modern à Londres, en octobre 2009, en revanche, la même photographie va créer un          scandale et entraîner la fermeture temporaire de l’exposition et le retrait du catalogue ainsi que l’intervention de la police et un débat dans la presse. Le Tate Modern expose la photographie intitulée Spiritual America dans le cadre de son exposition "Pop Life, Art in a Material World".  

Le Musée commente ainsi l’image dans son catalogue, explicitant les raisons de son choix :
« Nowhere do the conundrums of modern celebrity figure more vividly — or more poignantly — than in the child star. The actress and model Brooke Shields first appeared in Richard Prince's oeuvre in his 1983 work Spiritual America. Assuming the role of mediator, rather than creator, Prince re-photographed an eerie image - taken in 1975 by commercial photographer Garry Gross - of the naked ten-year-old future starlet made up like a grown woman. The resulting picture was fitted with a faux-gilt frame and exhibited alone, in a disused storefront on New York's then down-at-heel Lower East Side. Titled Spiritual America after a 1923 photograph by Alfred Stieglitz that depicts the back haunches of a gelded workhorse, Prince's gesture has been variously interpreted as pointing to a shift in America's preoccupations from labour to 'look', or an indictment of the exploitation of a child as the late twentieth century's beast of burden. For the artist, who has eschewed the endorsement of a fixed critical posture, it is 'an extremely complicated photo of a naked girl who looks like a boy made-up to look like a woman'. By the early 1980s, Shields was a teen star, the wholesome face (and body) of Calvin Klein jeans. Prince's decision to present the image as a work of art provoked a flurry of controversy when Shields' mother and manager, who had facilitated Gross's original shot, attempted to have the photograph withdrawn from circulation.

For Prince, Shields' story has remained a suggestive symptom of our culture of publicity (not to mention an important landmark in his own artistic mythology), and in 2005 he reprised the installation at the same New York location, this time in co-operation with the adult actress. Produced in collaboration with the celebrity photographer Sante D'Orazio, Spiritual America IV invokes the seductive atmosphere and pose of the earlier image, but now Prince's subject is discreetly clad in a bikini. Recreated here at the artist's request to replace his original Spiritual America in this exhibition, Spiritual America IV marks a new chapter in the story of a work that continues to address our implicated relationship to the seductions and ruses of celebrity culture. »

( Extrait du Catalogue en ligne de la TateModern : Pop Life, Art in a Material World-Tate Modern 1 October 2009    17 January 2010<- Exhibition room guide- Room 6 Richard Prince, Spiritual America IV)



 Les conservateurs ont cependant bien conscience du fait que la photographie est susceptible d’entraîner des troubles. Elle est exposée dans une salle à part avec un message d’avertissement aux visiteurs.

Néanmoins une association de défense de l’enfance alerte la police. Cette dernière visite les galeries. Scotland Yard met la direction du musée en demeure de retirer la photographie et de fermer l’exposition. Le musée s’exécute provisoirement, ôte la photographie et retire le catalogue de la vente.

Les arguments en présence opposent ceux qui voient seulement dans la photographie un objet pornographique et ceux qui considèrent qu'elle possède d'autres dimensions qui justifient qu'elle échappe aux poursuites.

Ceux qui soutiennent l’intervention de la police disent agir au nom du bon sens contre le « sexuellement explicite » : « A Scotland Yard source said the actions of its officers were "common sense" and were taken to pre-empt any breach of the law. The source said the image of Shields was of potential concern because it was of a 10-year-old, and could be viewed as sexually provocative. » écrit le quotidien The Guardian.

Ceux qui sont contre l’intervention de la police insistent sur l’autonomie de l’art et la liberté des musées.  Ils rappellent qu’il n’y a pas eu de controverse majeure en 2007 au Guggenheim autour de cette photo. Ils soulignent la présence d’autres photographies « sexuellement explicites » dans l’expo de la Tate Modern qui ne sont pas là gratuitement mais qui illustrent l’objet de l’exposition : rendre compte du climat esthétique des années 1970.

« The Pop Life exhibition also includes works from Jeff Koons's series Made in Heaven, large-scale photographic images that depict the artist and the porn model La Cicciolina having sexual intercourse.There are also works by Cosey Fanni Tutti, who, as part of her artistic practice, worked as a porn and glamour model in the 1970s and then displayed some of the resulting images in an exhibition at the ICA in 1976. »

Le journal anglais The Guardian met face à face les deux points de vue : celui des conservateurs et celui de la police. On y lit : 


« In an essay in the exhibition catalogue Jack Bankowsky, co-curator of the exhibition, describes the image as of "a bath-damp and decidedly underage Brooke Shields … When Prince invites us to ogle Brooke Shields in her prepubescent nakedness, his impulse has less to do with his desire to savour the lubricious titillations that it was shot to spark in its original context … than with a profound fascination for the child star's story."

Mais aussi
« The Metropolitan police said: "Officers from the obscene publications unit met with staff at Tate Modern … The officers have specialist experience in this field and are keen to work with gallery management to ensure that they do not inadvertently break the law or cause any offence to their visitors. »

La photographie qui illustre l’article du Guardian est coupée et ne montre plus que le visage et les épaules de la jeune fille. 



En France le Le Figaro rappelle :
« ... Les récentes demandes de retraits d’œuvres en vertu de l'article 227-24 du code pénal relatif à la «diffusion d'images à caractère violent ou pornographique ou contraire à la dignité humaine». En 2006, notamment, le peintre marseillais Gilles Traquini s'est vu contraint de retirer d'une galerie de Nice l'une de ses toiles reproduisant le célèbre tableau de Gustave Courbet, «L'Origine du monde» (1866). En 2008, c'est l'artiste Philippe Pissier qui a été inquiété, pour des collages érotiques représentant des poitrines ornées de pinces à linge. …  la police a fait retirer des murs de la FIAC de Paris les photos d'Oleg Kulik. Y figuraient notamment l'artiste, nu, avec des animaux ou encore se promenant avec un collier de chien dans les rues de Moscou. »



III.            « Présumés innocents » : les médiateurs mis en cause


L’Exposition « Présumés Innocents » au Musée de Bordeaux suscite des poursuites contre les organisateurs de l’exposition et le directeur du Musée Henry-Claude Cousseau. Elle a un propos provocateur : battre en brèche la représentation commune voulant que les enfants soient « innocents ». Elle montre des œuvres dans lesquelles les artistes ont abordés les questions de la sexualité infantile. Un programme de visites scolaires est organisé comme pour toute exposition. C’est l’une de ces visites qui met le feu aux poudres. Un parent saisit une organisation conservatrice qui proteste contre les visites scolaires et plus généralement condamne la présence d’œuvres potentiellement offensantes.
      Les conservateurs et médiateurs sont alors entrainés dans une spirale juridique de citations, non-lieux-appels qui va durer plusieurs années, au terme de laquelle le Directeur du Musée, poursuivi pour sa responsabilité, va bénéficier d’un non lieu.  Mars 2008  le Procureur de la République de Bordeaux requiert un non-lieu. Les deux commissaires de l’exposition sont poursuivis en correctionnelle pour :

"diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique et de diffusion de messages violents, pornographiques ou contraires à la dignité humaine susceptibles d’être vus par un mineur"
   La vingtaine d'artistes a été également désignée par les plaignants pour "corruption de mineur" : la     justice répond qu'il n'y a pas de poursuite possible.

La controverse est assez longue pour inquiéter tous les milieux professionnels des Musées d’Art contemporain et susciter une pétition largement signée. 
Pétition sur le net en faveur de l’organisateur de l’exposition
« Amateur d’art »
Vous avez sans doute tous déjà entendu parler du procès fait à Henry-Claude Cousseau, actuel directeur de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, qui est poursuivi pour avoir organisé l’exposition “Présumés Innocents” au CAPC de Bordeaux, du temps où il était directeur de ce lieu. Le Monde en parle ici  et là.
Voici le texte de la pétition de soutien à HC Cousseau, que je vous invite à signer en envoyant vos noms, qualités et ville à l’adresse noslibertes-nosdroits@aliceadsl.fr

« Nous tous, artistes, chercheurs, créateurs, intellectuels, diffuseurs, travaillant dans le domaine des arts, nous alarmons aujourd’hui des menaces qui pèsent sur nos libertés de pensée, de création et d’expression.
La mise en examen de Henry-Claude Cousseau, Conservateur général du Patrimoine, ancien Chef de l’Inspection générale des Musées de France, ancien Directeur des Musées de la Ville de Nantes, ancien Directeur des Musées de la Ville de Bordeaux, Directeur de l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris, historien de l’art renommé, des chefs de : DIFFUSION DE MESSAGE VIOLENT, PORNOGRAPHIQUE OU CONTRAIRE À LA DIGNITÉ, ACCESSIBLE À UN MINEUR : DIFFUSION DE L’IMAGE D’UN MINEUR PRÉSENTANT UN CARACTÈRE PORNOGRAPHIQUE, comme ancien Directeur du CAPC Musée d’art contemporain ayant présenté l’exposition Présumés innocents : l’art contemporain et l’enfance en 2000 à Bordeaux, nous concerne tous et nous lui exprimons notre soutien.
Alors que les media, la publicité et tous leurs supports urbains utilisent les images de la violence au service de mobiles commerciaux et les diffusent massivement, nous nous indignons que soit nié le statut, durement conquis au fil des siècles dans notre civilisation, des oeuvres d’art, de ceux qui les produisent et de ceux qui les accompagnent.
Cette mise en examen nous concerne tous, comme elle concerne chaque citoyen car la liberté est un bien commun et la création artistique, l’inaliénable expression d’une culture.
Signataires de cet appel, nous affirmons notre entière solidarité à Henry-Claude Cousseau.




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