lundi 30 mars 2009

Conférence donnée dans le cadre du cycle " Paris une histoire de patrimoines"- voir le blog ci-contre.


"Le goût du patrimoine : visiter Paris au XVIIIe siècle"

Nous nous intéresserons dans cette conférence à un point de vue sur le patrimoine qui est en fin de compte rarement abordé : celui du promeneur, du simple piéton qui admire un édifice, pénètre dans un église pour en regarder le décor, marche le long des rues en s’intéressant aux immeubles qu’il côtoie. Ce promeneur (ou cette promeneuse) joue un rôle dans l’économie symbolique du patrimoine. Il est en premier lieu le destinataire du message que portent les édifices « à messages ». C’est à lui que s’adressent les inscriptions portées sur les arcs de triomphe ; c’est lui que le prince veut impressionner par la beauté et la grandeur des constructions qu’il finance. Mais les voyageurs sont aussi confrontés à des édifices anciens : les trouvent-ils démodés, désuets, d’ un goût « gothique » ou perçoivent-ils leur valeur patrimoniale ? S’intéressent-ils aux traces du passés ou privilégient-ils le spectacle de la rue ? Certains de ces voyageurs nous ont laissé des descriptions de leurs promenades dans la ville. Ils ont arpenté les rues, traversé sur les ponts, admiré les perspectives, sont entrés dans les églises, les palais, les hôtels particuliers. Qu’ont-il pensé devant les richesses patrimoniales de la capitale ?


Nous nous concentrerons sur le Paris du début du XVIIIe siècle en nous appuyant sur un ouvrage particulier. Le récit du séjour à Paris que L. ( Louis) Liger publie chez l’éditeur P. Ribou en 1715 sous le titre Le voyageur fidèle. Le titre complet de cet ouvrage est d’ailleurs Le voyageur fidèle ou le guide des étrangers dans la ville de Paris qui enseigne ce qu’il y a de plus curieux à voir … avec une relation en forme de voyage des plus belles maisons qui sont aux environs de Paris .

Pour comprendre mieux ce qu’il voit dans la ville nous aurons recours à un autre ouvrage contemporain. J. de La Caille publie en 1714 – soit l’année précédente - une « Description de la ville et des faubourgs de Paris en Vingt et une planches dont chacune représente un des Vingt quartiers suivant la division qui en a été faite [… en 1702] avec un détail exact de toutes les abbayes et églises des convents, communautés, collèges, édifices publics, principaux palais et hôtels, des places, rues, fontaines, maisons, lanternes, et de tout ce qu’il y a de plus remarquable dans chaque quartier. Ce Jean de La Caille est « imprimeur de la police ». Le pouvoir, en effet, vient de diviser Paris en quartiers et l’ouvrage de La Caille a une visée administrative. Il convient de bien connaître la ville pour mieux les contrôler[1].

Dans une première partie nous allons voir comment se présente la ville en 1714 et en particulier quels monuments ont été construits depuis le règne de Henri IV. Dans une seconde partie nous suivrons les pérégrinations de Louis Liger dans Paris et nous comprendrons quelle est son appréciation du patrimoine parisien : ce qu’il va voir, ce qu’il trouve beau, ou laid, ce qui l’intéresse, ce qui le déçoit, et pourquoi. Enfin nous aborderons la question des collections et musées : qu’est-ce qui est accessible au visiteur en ce début de XVIIIe siècle.

Cela nous permettra d’identifier deux éléments. D’une part il apparaît qu’un voyageur dès le début du XVIIe siècle fait preuve d’une certaine conscience patrimoniale. Il conçoit la ville comme un ensemble d’édifices anciens précieux pour le témoignage historique qu’ils rendent et dans certains cas pour leur beauté. En revanche il est dénué des capacité d’appréciation esthétiques et des savoirs qui lui permettraient de prendre plaisir au spectacle des édifices et des décors médiévaux. La ville qui lui semble belle, c’est celle des monuments fastueux de la contre-réforme et de la propagande monarchique.

I. Les nouveaux édifices publics : l’héritage du XVIIe siècle.

Comme Alain Pons l’explique[2] Henri IV engage à Paris une politique monumentale qui va faire de la ville une capitale au sens moderne du mot. En même temps que l’état se renforce, la ville se pare de monuments qui disent la puissance du prince et l’ordre retrouvé. La ville, en effet, devient une vaste capitale. Entre 1600 et 1640 la population de Paris double presque, atteignant 420 000 habitants au milieu du XVII siècle. Corneille dans Le Menteur, en 1642, fait dire à l’un de ses personnage son émerveillement :

« Paris voit tous les jours de ces métamorphoses…

Toute une ville entière avec pompe bâtie,

Semble d’un vieux fossé par miracle sortie… »

Le Pont Neuf

La notion de « monumental » dans l’urbanisme baroque a ceci de neuf qu’elle associe l’édifice et le dessin général de la ville. Le monument est mis en valeur par son environnement : place, perspective ou jardin. Le Pont Neuf achevé en 1606 en est un exemple : c’est le premier pont qui n’est pas encombré de maisons. Il est d’une largeur inhabituelle et doté de trottoirs. Des évasements en demi lune permettent au piéton de s’arrêter et d’admirer la perspective ouverte sur la Seine. Le caractère monumental du lieu est renforcé par le fait que la première statue royale équestre dans la ville, celle de Henri IV est édifiée, après sa mort, dans la partie médiane du pont, face à la place Dauphine.

Les rues et perspectives

Les nouvelles rues rompent avec la tradition médiévale. Auparavant les rues et places étaient les espaces libres laissées entre les maisons. Un édit royal de 1607 change ces données : il est désormais « interdit de construire sans le congé et l’alignement du grand voyer ». On dessine des perspectives et les maisons doivent venir s’aligner selon un ordre préétabli. C’est ainsi qu’est créée la place Royale (devenue place des Vosges) entre 1607 et 1612. La place Dauphine est construire à son imitation. Au moyen-âge les rues étaient pleines de sinuosités, ménageant des surprises. L’urbanisme baroque propose de longues perspectives. On introduit l’ usage de s’y promener en carrosse, par exemple sur le mail de l’Arsenal ou sur le Cours-la Reine dessiné en 1616.

Le Louvre

Le Louvre manifeste le désir du roi d’afficher sa grandeur dans la ville, même si le départ de la Monarchie à Versailles interrompt régulièrement les travaux. Henri IV reprend les travaux du Louvre et projette de joindre le Louvre aux Tuileries. L’aile sud de la cour intérieure est achevées par Jacques Androuet du Cerceau et Louis Métezeau dans le style de Lescot et Goujon. A l’Ouest la petite galerie qui va vers le fleuve est achevée. La galerie du bord de l’eau ou Grande galerie est achevée en 1610. Sous Louis XIII les reste du vieux château médiéval dans la cour sont rasés. Lemercier construit le pavillon de l’horloge. On achève la Cour carrée en 1664 mais les ailes nord, est et sud n’ont que deux étages et l’aile est n’a pas de façade extérieure.

Palais

D’autres palais se construisent à Paris. En 1615 le palais du Luxembourg est entrepris à la demande de Marie de Médicis. L’œuvre de Salomon de Brosse s’émancipe de l’influence italienne, plus perceptible dans les jardins. Le palais du Cardinal de Richelieu, aujourd’hui disparu, est construit de 1624 à 1645 par Lemercier près de l’actuel jardin du Palais royal. Le palais du cardinal Mazarin(Bibliothèque nationale) offre, rue des petits-Champs, une façade de briques noble et sévère. Le cardinal fait élever en 1645 par François Mansart les deux galeries superposées afin d’y placer les collections de sa bibliothèque, en suivant une mode venue d’Italie au début du XVIIe siècle.

Le Marais

De nombreuses opérations de lotissement sont menées par des promoteurs privés qui achètent, seul ou en société, un terrain, tracent des rues, définissent des règles de construction et vendent les lots ainsi constitués. C’est ainsi que sont « lotis » l’Ile Saint-Louis et une partie du Marais. Des opérations du même ordre permettent d’aménager d’autres parties de la ville. Le faubourg Saint- Honoré est loti lorsque le rempart de Charles V est jeté bas entre la porte Montmartre et le Louvre. Sur la rive gauche un quartier résidentiel s’installe sur les prairies du Pré aux-Clercs : ce sera le faubourg saint-Germain. C’est là que s’épanouit le modèle de l’hôtel particulier parisien « entre cour et jardin ». Apparu à la fin du moyen-Age il se multiplie en même temps que de nouvelles couches sociales financiers et titulaires des hautes charges de l’état se préoccupent de bâtir une maison d’apparat en pierre de taille, beaucoup plus coûteuse que la brique. L’hôtel français a sa plus belle façade sur le jardin. Même lorsqu’il a une cour d’honneur – les ailes courbes apparaissent au XVIIIe siècle – il ne présente souvent à la rue qu’un portail orné et de lourdes portes cochères – nous verrons nos voyageurs se glisser dans les cours pour admirer les hôtels nobles … Dans les hôtels les plus somptueux ( Hôtel Lambert, Hôtel de La Vrillière) on peut voir, à l’imitation du palais Mazarin, de longues galeries superbement décorées[3].

Dans le quartier du Marais, les plus grands architectes François Mansart, le Muet, le Vau, Lepautre, reçoivent des commandes.. Dans l’ordre chronologique il faut citer d’abord l’hôtel de Mayenne ou d’Ormesson, rue Saint-Antoine construit vers 1605, peut être par Jacques Androuet II du cerceau, l’hôtel de Sully rue Saint Antoine, achevé en 1634, les hôtels de l’Arsenal[4] de Chalons-Luxembourg, d’Aumont construit par Le Vau et remanié en 1656 par F. Mansart qui remanie aussi de 1655 à 1661 l’hôtel Carnavalet. Dans le Marais encore les hôtels de Guénégaud et la Vrillière, l’hôtel salé ( actuel musée Picasso), l’hôtel de Beauvais, rue F. Miron, et l’hôtel des Ambassadeurs de Hollande dit aussi Amelot de Bisseuil, rue Vieille du temple ; de 1655. Au début du XVIIIe siècle les hôtels de Soubise et de Rohan sont cependant les dernières grandes commandes.

La nouvelle architecture religieuse

La contre réforme donne une impulsion nouvelle à l’architecture religieuse. Entre 1610 à 16140 une quarantaine de couvents sont construits et vingt églises. On abandonne l’architecture médiévale, la flèche gothique au profit du dôme baroque. Les façades des nouvelles églises sont inspirées du Gesu de Rome, mais interprétées de façon sobre. Saint-Gervais est la première façade de ce type « jésuite » à Paris, appliquée sur une église gothique. (1616-1621). Suivent toute une série d’églises : Saint Paul-Saint Louis, maison professe des jésuites (1627)- l’église de La Sorbonne ( Lemercier 1635-1642). L’église du Val de Grâce avec son dôme ( Le Muet et Le Duc) dessinée par Mansart en 1645, la chapelle de Port Royal ( 1646) et la chapelle royale de l’Oratoire (1621-1630).

Louis XIV : un urbanisme de prestige

Louis XIV pousse à la perfection la logique de l’urbanisme baroque apparu sous Henri IV. Colbert, Le Vau, Hardouin Mansart, mettent œuvre la volonté royale. L’Académie élabore une doctrine et veille à son application. Paris devient un centre de diffusion d’une conception majestueuse et politique de la ville. Alain Pons écrit : « Quand le grand architecte anglais Christopher Wren va sur le continent, il se rend à Paris non à Rome comme il l’aurait fait à coup sûr quelque dizaine d’années auparavant… »[5]


Le sentiment du grand est lié à tout ce qui touche la personne royale. Aux Invalides, édifice dont l’objet semble trivial (abriter d’anciens soldats âgés ou malades) la monumentalité de l’édifice proclame que le soldat a souffert pour la gloire du roi et qu’il participe en quelque sorte de cette gloire. Bien que le roi soit désormais installé à Versailles, le Louvre n’est donc pas totalement abandonné. Lorsque Louis XIV commence à exercer personnellement en 1661, il fait rebâtir la petite galerie du Louvre récemment incendié. Il élève une façade majestueuse au sud qui répond par delà la Seine à celle du collège des Quatre Nations. Mais le projet présenté par Le Bernin pour la façade est vers la ville est abandonné à peine adopté et remplacé par la colonnade dite de Perrault dont les travaux s’arrêtent en 1680 faute d’argent. Les ailes nord et est du palais s’arrêtent aussi en plein remaniement et demeurent sans toit encore sur le plan de Turgot de 1739. Le jardin des Tuileries est redessiné par Le Nôtre : ses esplanades dominent la Seine et, à l’Ouest, débouchent sur la promenade des Champs-Elysées qui est ouverte en 1670 aux promenades en carrosse jusqu’au rond point. De cette période date aussi le Collège des Quatre nations, devenu l’Institut de France, terminé en 1691. Colbert installe sur la rive gauche, moins dense, des établissement qui deviendront des points d’attraction : L’hôpital de la Salpetrière ( 1660), l’Observatoire (1668-1672), l’Hôtel des Invalides (1671-1676).

Boulevards et Portes monumentales

Sur la rive droite les fortifications de Charles V sont détruites pour être remplacées par des cours plantées d’arbres, les futurs grands boulevards. La muraille ayant disparu les portes deviennent des entrées monumentales qui célèbrent les victoires du souverain et rappellent qu’il protège la ville autrement en remportant des victoires aux frontières. François Blondel érige en 1672 la Porte Saint Denis où les victoires de Louis XIV sont évoquées par quatre pyramides tandis que des bas reliefs racontent le passage du Rhin, les personnages étant en costume romain. La Porte Saint Martin est érigée en 1674 par Pierre Bullet avec trois arches massives.

Des places monumentales célèbrent aussi le souverain. La Place des Victoires est bâtie en 1685 à l’initiative d’un courtisan. Elle est conçue comme un décor permettant de mettre en valeur la statue en pied de Louis XIV qui mesure 4,5 m et haut est placée sur un piédestal de 7m. La place Louis le Grand, aujourd’hui place Vendôme, est aussi conçue, à la demande de Colbert avec des façades uniformes. Achevée en 1720 elle est ornée de la statue équestre du roi par Giraudon mais ses façades demeurent longtemps un simple décor.

Des églises en chantier mais un art funéraire plein d’emphase

L’art religieux est moins réussi : l’église de l’Assomption, rue Saint-Honoré, possède un dôme mal dessiné qui l’écrase. Le « sot dôme » disent les Parisiens. Notre-Dame des Victoires commencée en 1629 ne sera achevée qu’en 1740 pour la façade. A Saint-Roch le chœur et le transept de Lemercier remontent à 1653-1660 mais est encore inachevée en 1760. Saint-Sulpice 1645 repris en 1719. Saint-Louis-en-l’Ile est terminé en 1725. En revanche les tombeaux sont à la mode. Un art funéraire plein d’emphase décore l’intérieur des églises : ainsi Saint-Nicolas-du-Chardonnet ou Saint-Roch.

Intervention sur les édifices gothiques

En revanche, les édifices médiévaux sont traités sans véritable respect. On n’hésite pas à intervenir sur des édifices dits « gothiques ». Une transformation complète du chœur de Notre Dame est effectuée par Jules Hardouin Mansart et Robert de Cotte en exécution du Vœu de Louis XIII. De ce splendide chœur classique il ne demeure aujourd’hui, après les interventions de Viollet le Duc, que le pavage, les stalles de Dugoulon, la piéta de Coustou encadrée d’un Louis XIII de Coustou et d’un Louis XIV par Coysevox

II. Le Voyageur fidèle

De cette ville profondément transformée dans son esthétique, que voit un voyageur de 1714 ? Suivons pour le savoir Louis Liger, le « voyageur fidèle ».

Qui est-il ?

Il est difficile d’identifier précisément le personnage. Il existe un Louis Liger assez connu des amateurs d’histoire des jardins et de la cuisine. Né à Auxerre en 1658 il serait mort en 1717 dit la notice du dictionnaire [6]. C’est l’inventeur du genre littéraire des maisons rustiques. Il a aussi écrit des ouvrages de cuisine tels Le cuisinier français. Des notices lui attribuent Le Voyageur fidèle. C’est assez surprenant. Il aurait eu 56 lors de son voyage à Paris, âge qui paraît peu compatible avec le ton badin de parties entières de son récit. Loin de se cantonner à des listes de monuments, l ’auteur du Voyageur fidèle multiplie les anecdotes. Il se donne l’allure d’un provincial venant pour la première fois dans la capitale qui tombe dans toutes les embûches tendues au provincial argenté et inexpérimenté. Il devient, en particulier, follement amoureux d’une jeune fille qui n’est pas ce qu’elle paraît… Il semble possible que le Louis Liger en question soit le fils du premier.

Son projet est de raconter fidèlement et à la première personne son voyage à Paris. C’est une forme intermédiaire entre le récit de voyage et le guide puisqu’il semble penser que son expérience peut servir à d’autres voyageurs. C’est d’ailleurs sans doute la raison pour laquelle il entre dans les détails des aventures qui lui arrivent et qui n’on rien à voir avec l’histoire de l’art ou de l’architecture : en visitant le Palais (près de la Sainte Chapelle) il se fait voler sa bourse ; en visitant la Porte Saint-Martin il est pris pour un autre, arrêté et à deux doigts d’être mis en prison; il se fait mener en bateau par des escrocs qui l’ont appâté avec une jeune fille… Ces aventures semblent par moment trop belles pour être vraies. Elles paraissent directement sorties d’un roman moral du temps. On se demande si elles ne sont pas simplement là pour distiller des leçons de prudence aux futurs voyageurs… ou même pour construire une sorte de parodie du guide de voyage.

Autres voyages et guides

Par ailleurs l’entreprise de Louis Liger –-décrire ses promenades dans Paris et indiquer aux visiteurs ce qu’il a vu- n’est pas exceptionnelle en son temps. Etienne Jollet dans l’ouvrage collectif sur l’histoire des guides à Paris[7] co-dirigé par Evelyne Cohen, a constitué une liste d’ouvrage qui paraissent à la même époque et ont ambition analogue. On constate qu’il se constitue une culture du regard qui apprend à voir la ville comme un ensemble patrimonial.

-G Brice Description nouvelle de ce qu’il y a de plus remarquable dans la ville de Paris par M. B***, Paris 1684,1685,1687,1694, 1701,1706,1713,1717,1725,1752

-M. Le Maire, Paris ancien et nouveau …avec une description nouvelle de ce qu’il y a de plus remarquable dans toutes les églises, communautés, Paris, 1685

-M. Lister, A Journey to Paris in the year 1698, by Dr Martin Lister, the second edition, Londres, 1698

-L. Liger, Le voyageur fidèle ou le guide des étrangers dans la ville de Paris, qui enseigne tout ce qu’il y a de plus curieux à voir, avec une relation, en forme de voyage des plus belles maisons aux environs de Paris, Paris, 1715,

- Saugrain, Les curiosités de Paris, de Versailles, de Marly …Paris, 1719, 1723, 1760, 1771, 1778

- J-C Nemeitz, Séjour de Paris, c’est à dire Instructions fidèles pour les voyageurs de condition, durant leur séjour à Paris, Leyde, 1727

- Antonini, Mémorial de Paris… à l’usage des voyageurs, Paris, 1732

etc.

Guide vivant, guide imprimé

Louis Liger, qui est descendu dans une auberge, a embauché un guide, qui chaque jour vient le chercher pour le conduire aux endroits qui l’intéressent – sauf lorsqu’il fait relâche. De ce guide on ne sait pas grand chose sinon qu’un jour ses activités l’empêchent d’être disponible mais il est évident que Liger le rémunère. On sait par ailleurs, par des récits de voyageurs anglais que les gardes des galeries de tableaux demandent souvent 1 sol pour faire leur office[8]. Louis Liger, par ailleurs, sait ce qu’il veut voir. Avant d’entamer sa journée et il établit un itinéraire et essaye de s’y tenir. Lorsqu’il pénètre dans une église, il tâche d’attirer l’attention d’un religieux, sachant par expérience qu’il y en aura toujours un pour lui expliquer les particularités du décor intérieur des lieux. Il semble même que certains d’entre eux se tiennent à plus ou moins à poste pour cet office (ainsi au couvent des Grands Augustins…). A certaines remarques on peut penser qu’il établit son programme à l’aide d’un ouvrage imprimé avant de partir. Ainsi alors qu’il aborde le Marais on le voit allant de son auberge à la rue Vieille du Temple en passant par le Pont Neuf et « tenant un mémoire qu’on m’avait donné des rues et des autres curiosités que je devois voir ce jour là » .

Suivons le dans ses premières journées

Prier à Notre Dame

Sa première démarche est d’aller prier à Notre-Dame pour remercier Dieu de son bon voyage. Ceci nous rappelle qu’il y a deux fonctions dans les églises ; la première est qu’elle sont un lieu de prière. Elle ne deviennent un objet patrimonial qu’à partir du moment où le regard du visiteur se déplace et où il remplace la piété par une admiration esthétique. Les statues, les tableaux conservés dans l’église sont alors appréciés non parce qu’ils constituent un support pour l’expression de la foi mais en fonction d’une sensibilité esthétique ou d’une culture historique. Dans cette première visite ce n’est pas le cas. En revanche, lors de ses nombreuses autres visites on ne voit jamais le Voyageur fidèle prier dans les églises. Seuls l’intéressent le décor et les tableaux, même s’il fait preuve d’une solide culture religieuse.

Les Grands Augustins

Le second jour Louis Liger se rend, nous dit-il, au couvent des Augustins. Cet édifice était situé sur la rive gauche au débouché du Pont Neuf. Il en reste aujourd’hui un cadran solaire sur un mur. L'édifice , construit entre 1368 et 1453, abrita la sépulture de quelques personnages célèbres, tels Philippe de Commynes et des poètes de la Pléiade. Le couvent est occupé par les moines jusqu'à la Révolution, avant d'être vendu comme bien national et détruit, après la suppression des ordres religieux.


Louis Liger repère des religieux dans l’église des Grands Augustins. Il raconte :

« …un d’eux auquel je m’adressai et qui vit bien que j’étais un étranger qui ne cherchait qu’à m’instruire » « me dit qu’elle fut bâtie comme on voit aujourd’hui sous le règne de Charles V surnommé le Sage et qu’elle fut dédiée en l’an 1453, par Guillaume Chartier [7] évêque de Paris. «

Notre voyageur montre d’emblée qu’il existe une attitude propre au visiteur et au touriste . Ce qu’il désire obtenir ce sont des renseignements sur l’histoire des lieux et sur les œuvres d’art qui y sont conservées. Il interroge un religieux dont l’expérience lui a appris, dit-il, qu’ils sont presque toujours bien disposés.


« Cet honnête religieux me fit faire attention au grand autel de cette église. Il est vrai que la beauté du dessin me frappa, ce qui ne me surprit pas beaucoup lorsque j’appris qu’il était du fameux le Brun (en italiques dans dans le texte). On voit dans le fond le Père éternel enveloppé de plusieurs anges représentez en sculpture : et comme je me promenois dans le chœur , j’en admirai les chaises, que je puis dire être un des plus beaux ouvrages de menuiserie qu’il y ait. De là je fus conduit dans une petite chapelle basse , qui est derrière celle des chevaliers du Saint-Esprit, où je vis le tombeau de Philippe de Comines : je le trouvai d’un assez bon goût ainsi que plusieurs tableaux dont cette église est ornée, et sur lesquels j’arrêtai mes yeux avec plaisir. »

Comme il le fera dans toutes ses visites, Liger ne se montre pas intéressé par l’extérieur des églises gothiques. Il montre des connaissances en revanche lorsqu’il s’agit de comprendre la signification et la valeur du décor intérieur. Il sait que Le Brun est un peintre fameux. Plus généralement il se sent capable d’exercer un jugement de goût sur des tableaux. Le premier critère qu’il applique est celui du « plaisir » : c’est le critère de l’amateur d’art au XVIIIe siècle. L’autre critère est « la beauté du dessin ».

Par ailleurs il s’intéresse aux tombeaux – caractéristique du XVII9e siècle-. On notera que le lecteur est supposé savoir qui est Philipe de Commynes : la lecture du récit de voyage comme la visite mettent en jeu des compétences culturelles partagées. Quittant « l’aimable religieux » , Liger remonte le long du quai vers Notre-Dame. Il passe le pont Saint Michel et par le marché, dans lequel il ne s’arrête pas, arrive par une rue aujourd’hui disparue, devant Notre-Dame.

Notre Dame

Arrivant devant Notre-Dame, il n’a que mépris devant la façade gothique.

« Je jettai d’abord la vue sur la façade de ce vaste édifice, qui fait voir deux grandes tours des deux côtés , et trois grandes portes qui lui servent d’entrée. On voit au- dessus de ces portes un nombre prodigieux de figures différentes placées confusément, ce qui répugne au bon goût de l’architecture d’aujourd’hui ; ce n’est qu’un dessein purement gothique qui avait son mérite dans son temps : mais cette architecture est à présent entièrement tombée ; aussi n’examinai-je cette façade que dans l’idée qu’elle m’offrit, sans y vouloir rien approfondir davantage. »

En revanche, le chœur baroque construit à la suite du « Vœu de Louis XIII » lui paraît admirable . Il décrit soigneusement les anges, nomme les sculpteurs. Admire la tableau de Poussin au maître autel et en nomme l’auteur. Comme il l’a fait aux Augustins, il s’attarde très longtemps sur les stalles du chœur qui lui paraissent un travail de menuiserie admirable et en explique les thèmes. Plus généralement l’ordre classique lui paraît digne en tout point d’être loué et il reconnaît là le travail du premier architecte du roi.

« Il faut avouer que tout ce grand ouvrage est digne de l’attention des curieux ; aussi part il d’un homme dont le génie n’a rien que de grand en cet art : c’est sur les desseins de M. Decosse, premier architecte du roy, que tout s’y est exécuté ; c’est lui qui a ordonné la construction de ce superbe monument. Ainsi on ne pouvait attendre rien que d’un très bon goût d’un esprit fécond en belle idées, et si bien entendu dans les bâtiments. Rien ne s’y est fait confusément, l’ordre y a été très bien suivi … »

Projet royal et sensibilité du visiteur.

Retenons les catégories esthétiques : la grandeur, l’ordre, le superbe sont rattachés à la fois au monument – le nouvel autel de Notre-Dame- et à la personne royale. On peut donc imaginer que le projet de la Monarchie, afficher à Paris, à travers des monuments, un projet esthétique et politique trouve un écho dans la sensibilité des contemporains.

Laissons là notre visiteur, en route pour le Palais où il va se faire voler sa bourse. Si nous suivons l’ensemble des ses pérégrinations dans la ville au cours des semaines qui suivent on trouve confirmation de deux données primordiales. D’une part il ne s’intéresse pas à l’héritage architectural gothique non plus qu’à la sculpture ; en revanche il est attiré par les aménagements nouveaux dus au pouvoir royal et il en apprécie l’esthétique.

La valeur historique des édifices médiévaux et antiques

Nous ne nous attarderons pas sur les édifices médiévaux car c’est un trait de la culture du temps que d’en méconnaître les qualités esthétiques. On notera cependant qu’ils peuvent retenir l’attention pour leur valeur historique. Ainsi le voyageur fidèle décide-t-il de pousser jusqu’à l’enclos du Temple parce que, dit-il

« j’avais déjà oui parler du Temple comme d’un monument fort ancien. C’est pourquoi l’envie me prit d’y dresser mes pas »[9]

Cependant l’architecture ne l’intéresse pas :

« Si le bâtiment flanqué de tours marque bien son antiquité… cet hôtel n’a rien dans sa construction qui mérite l’attention d’un curieux…Ce que l’histoire en rapporte et ce qu’elle m’en a appris est plus digne d’être raconté »

Ce sont bien sûr des richesses des Templiers et « leurs débauches les plus outrées » -je cite- qui l’intéressent[10]. Au Châtelet il voit les restes d’une tour « que, dit-on, Cesar avait faire pour tenir les Parisiens respect ». Ne sachant clairement pas quoi en penser, passe son chemin…

L’art gothique religieux

Saint-Eustache ne l’intéresse pas plus que Notre-Dame et pour les mêmes raisons : le manque de régularité : « ce vaisseau est très grand écrit-il, mais peu estimé pour l’architecture et le dessein, n’y ayant rien de régulier ce qui fait que tout choque la vue ». Liger est représentatif du goût de son temps avons nous dit. On notera cependant que le mépris pour l’architecture dite gothique évolue dans le temps. A la fin du XVIIe siècle, les théoriciens de l’architecture lui sont encore hostiles. F. Blondel publie en 1675-1683 puis en 1698 son Cours d’architecture enseigné dans l’Académie royale d’architecture . Il condamne des le début de l’ouvrage

« cette façon de bâtir énorme et insupportable dont nos pères se sont si longtemps servis sous le nom d’architecture gothique[11] ».

Cependant, en 1741 Soufflot de retour d’Italie présentera à l’Académie d’architecture un inattendu Mémoire sur l’Architecture gothique dans lequel il reconnaît ses mérites. La construction des églises gothiques dit-il « est plus ingénieuse, plus hardie et même plus difficile que celle des nôtres ». Il vante leur hauteur prodigieuse qui « procure à notre âme un plaisir qui la surprend[12] ».

Louis Liger en est loin qui se borne à admirer l’architecture de son temps. Il aime les églises nouvelles, les portes monumentales, les perspectives, les hôtels particuliers récents, tout ce qui on l’a vu est caractéristique de la ville baroque et de l’architecture d’apparat louis-quatorzienne.

Nouvelles rues

On ne sera pas étonné alors qe constater que les nouvelles rues, longues et droite, emportent son adhésion. Rue de Richelieu il est enthousiasmé :

« cette rue est l’un des plus belles et des plus longues qu’il y ait dans Paris.[…]Je ne remarquai rien au commencement qui put m’arrêter ; je dirai seulement qu’elle porte le nom du célèbre Cardinal auquel elle est redevable de son agrandissement et de sa beauté[13] »

Portes et boulevards

Les boulevards et les portes triomphales lui plaisent. ce monument dit-il, est d’un très bon goût, orné d’une sculpture très estimée, et chargé de deux inscriptions à la louange du Roi…Quand à la Porte Saint Denis, elle est magnifique et « c’est l’un des plus beaux joyaux d’architecture que l’on peut voir en France… »[14] . C’est là qu’ayant chaud il entre dans un cabaret et se fait arrêter par un exempt suivi de cinq archers qui lui présentent une lettre de cachet .. « Il faut marcher, dit-il »…

La Place des Victoire lui plaît aussi, ainsi que la statue du roi. On ne s’étonnera donc pas qu’il adore le Pont Neuf et sa statue royale : (« Ce pont est en son espèce un des plus beaux morceaux d’architecture qu’il y ait[15] ») tandis qu’il critique l’encombrement du vieux Pont au Change où il a failli être écrasé.

Eglises nouvelles

Rue saint Honoré, notre voyageur admire l’église des pères de l’Oratoire, congrégation établie par le père Bérulle en 1611) qui lui plait : « leur église est assez jolie, écrit-il. On y trouve des morceaux d’architecture d’un assez bon goût ». La Sorbonne a droit à une description dithyrambique, ainsi que le tombeau de Richelieu.

Mais passons aux palais et hôtels particuliers. Ils posent la question de la définition de l’espace public : qu’est-ce qui est privé et qu’est-ce qui est public exactement dans les hôtels des grands serviteurs de l’état ? En quoi leur souci d’embellir leur demeure participe-t-il à la re-définition de la ville, voire à la grandeur de l’Etat ? Et dans quelle mesure ouvrent-ils leur demeure au public, comme le Roi lui-même ouvre son château de Versailles aux visiteurs, pourvu qu’ils portent l’épée ?

Palais et Hôtels particuliers nouveaux

On ne sera pas étonné que Louis Liger apprécie les hôtels particuliers qu’il rencontre en fonction des critères de l’architecture nouvelle. Rue Saint-Honoré, il arrive au palais Royal qui est le palais construit par le Cardinal de Richelieu et donné à Anne d’Autriche, d’où son nom[16]. Il est d’un avis partagé sur son architecture – en briques- :

« ce palais, quoique magnifique et fort étendu n’a pas laissé de donner matière aux gens de bon goût à raisonner sur son architecture »

L’hôtel de Louvois, en revanche, emporte son adhésion :

« En continuant à marcher je vis l’hôtel de Louvois ; on y considère avec admiration l’escalier et la salle d’audience. Tout le reste de la maison fait aussi plaisir à voir, non seulement par le bon goût que l’on remarque dans le dehors, mais par la magnificence des dedans » .

III. La visite des collections

Mais comment faire partager « la magnificence du dedans « ? Dans le Marais, Louis Liger se heurte à des portes closes. Alors qu’il descend la rue Vieille du Temple, il se trouve ainsi arrêté devant un magnifique portail. Suit une petite scène de comédie ; le voyageur fidèle attend quelque peu et dès que l’occasion se présente se glisse dans la cour : « j’y arrêtai mes yeux pendant quelque temps et la trouvant ouverte par hazard j’entrai dans une cour … » Il en décrit les cadrans solaires, les sculpture, précise le nom de son premier propriétaire ( Amelot de Bisseuil ), l’actuel propriétaire et précise que l’hôtel est rempli « de morceaux d’architecture et de sculpture d’un très bon goût, et tous faits par des maîtres très estimés ».


C’est bien là le problème. Notre voyageur fidèle n’a guère de relations dans la capitale. Or on n’entre pas sans recommandations pour voir les collections des amateurs. Le filtre implicite est d’être un homme de qualité, mais il vaut mieux encore avoir des relations. Dans le cas contraire il faut s’en remettre à la chance ou rémunérer d’une façon ou d’une autre des intermédiaires.
Liger, en ce domaine a au moins une bonne fortune. Il rencontre, rue Ceinture-Sainte-Catherine dans le Marais, un « officier » de l’hôtel le Pelletier de Souzy, avec lequel il deviendra, dit-il, « ami » et qui lui montre non seulement les richesses de l’hôtel de son maître mais celles d’une demeure voisine, et de l’église adjacente. Dans bien d’autres cas il en est donc réduit à signaler des bibliothèques, des galeries de tableaux, des collections de sculptures qu’il ne voit pas.

Cette question de l’ouverture au public, ou plutôt à un certain public, des collections va être l’une des grandes questions du XVIIIe siècle et les historiens ont souligné dans des travaux récents sa dimension politique. Il s’agit en effet de partager largement les moyens d’une éducation du goût – la visite des collections - avec tous ceux qui le méritent et non seulement avec ceux que leur naissance ou leur fortune mettent au dessus du commun. En 1714 les polémiques n’ont pas encore véritablement commencé. Le modèle est le modèle aristocratique et même royal : tout le monde souligne la facilité avec laquelle on entre dans Versailles. cependant la dimension de patrimoine collectif commence à émerger. Etienne Jollet, dans un article sur l’accessibilité des œuvres d’art au XVIIIe siècle[17], interprète ainsi le fait que les guides signalent systématiquement les collections de tableaux, galeries et les cabinets de curiosité : « Il [le guide] cherche à mettre en valeur une image valorisante de Paris qui s’appuie sur une image patrimoniale de l’art en gestation. Charlotte Guichard dans Les Amateurs d’art à paris au XVIIIe siècle[18]montre que la visite de la galerie fait partie des rituels mondains mais souligne que les voyageurs dont on possède des témoignages appartiennent à la plus haute aristocratie et que leurs récits datent presque tous de la seconde moitié du siècle. Au milieu du siècle, l’accessibilité des collection est devenue un point de discorde. En 1747, Lafont de Saint Yenne dans un petit ouvrage polémique, Réfléxion sur quelques causes de l’état de la peinture en France,[19] exige que le roi ouvre au public ses collections du Louvre et donne au palais parisien la grandeur qui devrait être la sienne[20]. Il fait aussi de l’état du palais du louvre un problème proprement politique. Les « voyageurs étrangers » sont directement impliqués dans la querelle. Ils sont choqués, dit Lafont de Saint-Yenne, par les échoppes et boutiques qui « assiègent et déshonorent ce superbe Edifice de tous les côtés … ».
Il faudrait arrêter « des abus aussi hardis qui nous rendent l’objet des plaisanteries de l’Etranger et du Voyageur[21] ». On notera le passage au « nous » : le Louvre est ici considéré comme une sorte de propriété collective, un patrimoine. En 1715 Louis Liger, visitant à loisir le Louvre, émet le même regret mais sur un ton plus réservé.

« Le cabinet des tableaux du roi qui était autrefois rempli de tout ce qu’il y avait de plus curieux en ce genre ; mais ce qu’on a transporté à Versailles l’a fort dégarni »

Il y a là le sentiment de ce que pourrait être une vision patrimoniale des richesses de Paris, sans néanmoins, d’inscription de ce sentiment dans un contexte politique, et sans non plus, l’idée qu’il pourrait y avoir une politique publique en ce domaine. cela viendra plus tard.


[1] Voir aussi le Mémorial de Paris et des environs à l’usage des voyageurs par l’abbé Annibale Antonini ( 1702-1755) publié en 1734. [1].

[2] Alain Pons, 2000 ans de Paris, Artaud, 1975, p. 63 « La mise en ordre de l’Etat suppose la « mise en ordre » de la capitale. L’urbanisme baroque ne fait que refléter l’urbanisme rationnel et volontariste… de l’Etat moderne ».

[3] Ibid. carte des hôtels du Marais, p. 79

[4] Ibid. p. 81

[5] Ibid. , p. 94

[6] Les siècles littéraires de la France par Nicolas Toussaint Lemoyne Deressart

[7] Evelyne Cohen et alii dir, Les guides imprimés du XVIe au XXe siècle. Villes, Paysages, Voyages, Belin, 2000, 703 p.

[8] Charlotte Guichard, Les amateurs d’art à Paris au XVIIIe siècle, Champ Vallon, 2008, 388 p.

[9] Le Voyageur fidèle… p. 56

[10] Ibid., p. 75

[11] Cité dans Le Gothique retrouvé, CNM, 1979, 168 p., p. 47

[12] Ibid. p. 53

[13] Le Voyageur fidèle…, p. 111

[14] Ibid., p. 71

[15] Ibid., p. 50

[16] Cet édifice a aujourd’hui disparu

[17] Etienne Jollet « L’accessibilité de l’œuvre d’art : les Beaux-Arts dans les guides de Paris au XVIIIe siècle », dans Evelyne Cohen et alii, Les guides imprimés du XVIe au XIXe siècle, Belin, 2000, 702 p. , pp. 167-178

[18] Charlotte Guichard dans Les Amateurs d’art à paris au XVIIIe siècle, Champ Vallon, 2008, 388 p.

[19] La Font de Saint-yenne. Oeuvre critique, édition établie et présentée par Etienne Jollet, Ecole nationale des Beaux-Arts 2001, p. 418 p.

[20] Edouard Pommier, « le projet de Musée royal(1747-1789) », dans coll. L’art et les normes sociales au XVIIIe siècle, Editions de la maison des Sciences de l’Homme, 2001, 543 p., pp. 186-209

[21] Ibid. p. 55

C. BERTHO LAVENIR

PROFESSEUR UNIVERSITE SORBONNE NOUVELLE

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