dimanche 11 janvier 2009

Cours Cultures télévisuelles


MANGAS : POURQUOI TANT DE HAINE ?

Pourquoi s’intéresser aux animations d’origine japonaises (« mangas ») dans ce cycle de cours sur les cultures télévisuelles ? Parce que le conflit qui s’installe entre 1978 et 1987 autour de la programmation de séries telles que Goldorak, Albator ou Cindy permet de comprendre quelles sont les positions des divers protagonistes de la programmation télévisée et de la critique face aux effets culturels et sociaux, réels ou imaginés, de la programmation télévisée destinée au jeune public.

A partir de 1978 la chaîne publique de la télévision française Antenne 2 introduit dans ses programmes pour enfants des dessins animés d’origine japonaise. Ces diffusions provoquent un premier conflit dont on trouve des traces dans la presse de l’époque. Ces dessins animés sont accusés de véhiculer des images violentes et d’être d’une facture inférieure à la qualité du dessin animé dit traditionnel. En 1987 lorsque la première chaîne est privatisée, TF1 a recours en masse à des dessins animés d’origine japonaise pour alimenter son émission phare destinée à la jeunesse Club Dorothée. La société AB production qui alimente en programmes l’émission Club Dorothée organise autour des séries une politique marchande intensive : jeux avec appels surtaxés, clubs pour fidéliser les jeunes téléspectateurs, magazines, vente de figurines (partenariat avec le fabricant de jouets américains Mattel). Ces procédures ne sont pas nouvelles mais elles sont mises en œuvre avec tant d’efficacité qu’il se produit un sentiment d’invasion culturelle. Tout l’univers des enfants, loisirs et même récréations à l’école, paraît saturé. Une campagne de presse dénonce ces dangers et le CSA menace TF1 d’amendes et de diverses mesures de rétorsion si la chaîne continue à programmer des dessins animés violents. Cette campagne hostile aux mangas, ou plutôt aux animations d’origine japonaises, finit par provoquer la suppression du Club Dorothée et un changement de politique de TF1.

Ce conflit met en évidence des dimensions intéressantes de la constitution de cultures télévisuelles. En premier lieu, il illustre le fait que les œuvres audiovisuelles circulent au sein d’un marché mondialisé et permet d’envisager la confrontation culturelle dans un environnement post-moderne. On n’est plus, en effet, dans le face-à-face Europe-Etats-Unis qui a dominé l’économie réelle et symbolique du cinéma depuis les années 1920 mais dans un marché plus complexe où les programmateurs français achètent des animations produites au Japon mais parfois réalisées en Corée, et qui peuvent avoir été diffusées et traduites en Italie avant d’être diffusées en France. Par ailleurs on observera d’innombrables reprises : certaines séries vont être diffusées sur presque toutes les grandes chaînes françaises successivement. Dans presque tous les pays, la confrontation avec les mangas japonais pousse à une réflexion sur les enjeux de la programmation télévisée. La Corée, par exemple, aborde la question dans une perspective déterminée par son rapport historique au Japon : alors que la diffusion de produits culturels japonais, interdite après la seconde guerre mondiale, commence à peine à reprendre, l’arrivée des magas provoque un réflexe de défense nationaliste mais aussi une réflexion sur les rapports entre culture populaire, culture nationale et culture savante en Corée.

Par ailleurs le conflit autour des mangas est intéressant dans la mesure où la controverse permet de cerner ce que chacun se représente comme une « bonne» télévision. Il permet aussi de voir comment survit l’idée que l’état doit assurer la protection des publics fragiles et de quelle légitimité jouit la loi sur la protection de la jeunesse qui permet la censure des ouvrages destinés à la jeunesse. Enfin cela nous permet d’aborder – comme nous l’avons déjà fait pour les séries télévisées - la double dimension des programmes et de les analyser à la fois en termes de contenus (fiction), dont on cherche à mesurer « l’influence », et en termes de « vivre ensemble », cet effet social de la télévision lié au fait que les téléspectateurs éprouvent les mêmes émotions en même temps.

On s’appuiera ici en premier lieu sur la description et la lecture à l’écran des trois séries : Albator, Goldorak et Candy, et sur l’analyse du fonctionnement du Club Dorothée tel qu’il est décrit par le Dictionnaire de la télévision. Les liens avec certains épisodes des séries décrites sont accessibles au pied de ce texte.

L’arrivée des mangas : le rôle paradoxal du service public

Les premiers dessins animés japonais qui posent la question de la représentation de la violence dans les dessins animés destinés aux jeunes sont introduits, en fait, par la télévision de service public dans l’émission phare pour la jeunesse Récré A2 (diffusée sur Antenne 2) qui programme «Goldorak» le 3 juillet 1978 , puis «Candy» en septembre de la même année.

En 1979, TF1 riposte en diffusant «La Bataille des planètes» dans l'émission des Visiteurs du mercredi. En parallèle, Antenne 2 retransmet «Albator 78». Au début des années 1980, «Capitaine Flam», «Ulysse 31» (fruit d'une collaboration franco-japonaise) et «Cobra» s’ajoutent aux quatre dessins initialement programmés.

Après 1981, apparaît la télévision privée. La Cinq, possédée par Silvio Berlusconi, adapte les recettes commerciales de la télévision privée italienne. TF1 est privatisée en 1987. On peut voir sur TF1 et sur La Cinq «Les Chevaliers du Zodiaque», «Ken le survivant», «Juliette je t'aime», «Nicky Larson», «Olive et Tom», «Jeanne et Serge», «Max et compagnie», «Creamy merveilleuse Creamy», «Emi magique», «Embrasse-moi Lucille», «Lady Oscar».La première série de «Dragon Ball» d'Akira TORIYAMA s'adresse avant tout à des jeunes. «Dragon Ball Z» touche les adolescents et les adultes. Il reste près de dix ans sur les écrans français.

Non seulement les animés japonais deviennent le cœur de la programmation de fictions à destination des jeunes mais ils sont associés, sur TF1, à une politique commerciale agressive qui leur permet de saturer de leur présence l’espace de loisir des enfants. En 1987 l’animatrice de la seconde chaîne publique, Dorothée, est débauchée par TF1. La chaîne va construire sa programmation pour la jeunesse à l’intérieur d’une émission dénommée au sein du « Club Dorothée » qui durera de 1987 à 1997. La programmation de l’émission est extensive : le mercredi après-midi , avant l’école le matin et en fin d’après-midi, ainsi que pendant les vacances (sous le nom de « Pas de pitié pour les croissants »). L’’émission est associée à un « Club » auquel on adhère (et qui comptera des centaines milliers d’adhérents, à un magazine ; des récompenses sont distribuées aux abonnés fidèles. Le Club Dorothée est le débouché de la production audiovisuelle de AB production (sitcoms, chansons). C’est un système très rémunérateur grâce aux communications surtaxées, aux produits dérivés (figurines, tee shirts, disques des génériques). Les deux piliers de l’émission sont les jeux et les dessins animés importés du Japon (« mangas »). Ces derniers ont pour titre Les chevaliers du zodiaque, Dragonball, Ken le survivant. il y au aussi des séries qui ont pour personnage central un super héros en armure capable d’affronter des monstres aux costumes spectaculaires : X or, Spielvan, Giraya. Ce sont ces séries qui vont susciter les critiques du CSA et de la presse spécialisée (Télérama) et même un livre de Ségolène Royal ( Le raz-le-bol des bébés zappeurs, )

Violence et bons sentiments

Albator 78

Pour voir comment se présentent ces animés considérons l’un d’entre eux, Albator diffusé entre 1979 et 1984.On a pu dire qu’il était constitutif de la mémoire d’une génération , ce qui se matérialise par la mémoire de la chanson du générique « Albaaa-tor ! Albaaator! ».

Cet animé est importé du Japon.Il est tiré d’un manga en 5 volumes du dessinateur Leiji Matsumoto. il est produit pour la télévision en 1978 par la société Toei animation.

Le héros

Son personnage central n’est pas éloigné de l’archétype romanesque de Robin des Bois. Sa mission est de sauver la planète terre ( l’histoire se passe dans le futur). Le héros a l’apparence d’un rebelle au grand cœur qu’identifient une grande mèche, une cape, et une balafre. il permet l’ identification aux petits garçons; et doit séduire les petites filles.

Son nom d’origine, Captaine Harlock étant impossible à utiliser en France car trop proche de celui du héros de Hergé, il devient ; Albator le corsaire de l’espace; puis Albator 78, en référence à son année de production.

Le genre

Le thème et l’imagerie de la série appartiennent à la science fiction classique à un moment où la science fiction est en vogue mais où il y a peu de programmes de science fiction pour les très jeunes

L’histoire commence en 2980. Toutes les mers du globe son asséchées. L’humanité exploite avec des robots les mers voisines; les terriens sont devenus oisifs, « lobotomisés » par une société « ludico télévisuelle »; certains ont échappés à ce destin et sont considérés comme « hors la loi »; la planète terre est menacée par des créatures mi plantes mi humaines, les sylvidres.

Albator se déplace dans un vaisseau spatial orné d’une tête de mort. Ce vaisseau a été créé par son ami Alfred (Toshiro dans la VO) dont l’esprit a été implanté avant sa mort dans l’ordinateur central du vaisseau. Albator doit sauver la fille de ce dernier, Stellie, qui vit sur terre. Il lutte donc sans relâche contre les sylvidres avec l’aide de Nausicaa ( humaine secrètement amoureuse de lui), Clio ( extra terrestre aux cheveux bleus) et du Dr Zero ( médecin du bord)

L’intrigue est manichéenne. Les combats sont spectaculaires et le récit ménage quelques situations moins aseptisées quand celles des productions antérieures à destination de la jeunesse (les sylvidres sont nues, par exemple). Le graphisme, simple, peut être considéré comme pauvre ou comme facile à lire…

La série comme système d’appartenance générationnel

Reprise ultérieurement dans un film, cette série est considérée comme « culte » aujourd’hui dans la presse branchée et le monde de la nuit

Goldorak (1978-1980)

Goldorak apparaît en France sur Récré A2 pratiquement au même moment que Albator.

Production

Ce dessin est produit au Japon par Toei Animation et fabriqué en Corée. Il bénéficie du grand succès qu’ont obtenu peu avant les histoires de robots combattants (Mazinger Z, 1975-76);

Introduction de Goldorak en France

L’introduction en France et en Europe se fait via un homme d ‘affaire suisse qui va jouer un rôle important dans toute l’économie des mangas : Bruno Roger Huchez. Le distributeur français est une société créée pour l’occasion, société Pictural Film .

La version française est traduite par Michel Gatineau. Ce dernier va traduire beaucoup d’animés avec une inventivité dans les noms propres et les expressions imagées qui n’est sans doute pas étrangère à leur succès et leur donne parfois une poésie étrange.

Sous le nom de Goldrake (contraction de Goldfinger (James Bond) et Mandrake – « comic »américain classique) la série a remporté un grand succès en Italie.

Violence

Le problème de la violence est posé d’emblée. L’animé est proposé à Jacqueline Joubert, responsable des programmes jeunes d’A. 2 qui le trouve trop violent; en réunion avec le directeur de la chaîne lui même on trouve une solution de compromis. Il sera programmé en été. Le 3 juillet 1978, 1er épisode de Goldorak « Les frères de l’espace » dans Récré A 2, alors présenté par Dorothée (lundi et jeudi).

Genre

Goldorak appartient lui aussi à la science fiction. L’argument est le suivant : un réfugié d’une guerre galactique, Actarus, prince d’Euphor, arrive sur terre à bord d’un robot à corne, Goldorak, machine de 30 m de haut et 280 tonnes, arme de combat destructrice. Recueilli par le professeur Procyon et un fermier; aidé par un pilote d’élite et ingénieur de la Nasa, il défend la terre contre le méchant Véga ( le grand « stratéguerre ») dont les troupes s’établissent sur la lune; ce dernier envoie lui aussi des robots terribles Golgoth et Antérak, dirigé par un pilote de la division « ruine ».

Effet de génération et merchandising

Dans Goldorak les transpositions verbales de M. Gatineau témoignent d’une réjouissante invention verbale fondée sur une culture classique. Les garçons dans les cours de récréation s’affrontent désormais à coup de « fulguropoint , asterohache, cornofulgur ». Cela crée un effet de connivence pour une génération d’enfants. ce dernier est renforcé par un merchandising intense : un magazine bi-mensuel est publié à 300 000 exemplaires. Des jouets Mattel reprennent les personnages. La chanson du générique est vendue à 400 000 exemplaires. Le Club des amis de Goldorak compte 25 000 membres en 1979.

L’histoire est limpide, les caractères soignés,et dégage parfois une certaine poésie. Certains épisodes sont qualifiés d’ «anthologiques ». par exemple « Vaincre ou périr » où Hydargos meurt et est remplacé par Horos l’homme à l’œil en caméra; ou encore « La bête », épisode où un « monstrogoth » arrache le bras de Goldorak. Mais les scènes de combat sont longues et insistantes. L’émission atteint 100% d’audimat un après-midi de novembre 1978.

Polémiques

Ce sont à la fois la violence et l’omniprésence de l’émission qui suscitent les réactions d’hostilité.

La chanson du générique, où Goldorak sauve « notre race » doit être réenregistré avec de nouvelles paroles. La chercheuse en sciences sociales Liliane Lurçat publie un livre critique sur l’abandon des enfants devant la télévision et les effets des programmes violents et prend Goldorak comme symbole du mauvais programme en intitulant son livre : A 5 ans seul avec Goldorak (1981).

Elle explique que les «effets de séduction (...) limitent le pouvoir créateur et favorisent l'invasion de l'imaginaire et du champ mental par des thèmes parasitaires qui peuvent freiner le goût de comprendre et d'agir». En particulier, elle croit que ce genre de divertissement «crée une dépendance et devient un besoin» pour les enfants. Elle souligne qu 'en abandonnant les enfants à la télévision, on les soumet «de façon répétée à un bombardement émotionnel qui peut avoir des effets dommageables sur leur équilibre».

Document : Liliane Lurçat, À cinq ans, seul avec Goldorak: Le jeune enfant et la télévision, Paris, Éditions Syros, deuxième édition, 1981. p.53
Pourquoi ne l'aime-ton pas?
Parce qu'il est effrayant, il fait peur:
Nathalie B.: Non parce que ça fait peur, parce que j'aime pas voir les choses horribles.
Guilène B.: Les bandits je les aime pas, à chaque fois j'en vois un ou deux, j'ai la trouille.
Catherine P.: Ah non! ah non! ah non! parce que moi j'ai trop peur de lui, il attaque les Golgoth, il attaque tout le monde!
Clair S.: J'aime pas Goldorak, c'est pas beau, sinon on fait des cauchemars dans la nuit.
Parce qu'il est agressif:

Rafaël P.: Pas tellement, parce qu'il attaque tout le monde.
Agnès D.: Non parce qu'il y a la bagarre, j'aime mieux quand on dit c'est une petite fille et elle habite une maison très jolie. (p.57)

Pourtante la seule réelle censure sera économique : quand en 1987 Dorothée et TF1 reprennent la série pour une rediffusion, TF1 procèdera à des coupures dans les épisodes (pour laisser la place à la publicité ?)

Au cours des années 1980 d’autres animations vont dépasser Goldorak en notoriété: Albator, on l’a vu mais aussi Capitaine Flam, Cobra puis Dragon Ball Z ou Les chevaliers du zodiaque.

Candy 1978-1981

Les animations japonaises destinées aux filles posent d’autres problèmes. L’un des premiers diffusés en France est Candy. La série est d’abord diffusée par Récré A 2 puis par TF1, la 5 et M6. C’est l’un des premiers Shojo mangas (pour les filles) adaptés, ici encore, par Toei animation.

Le genre

Le récit ressort du mélodrame classique. Une petite orpheline se retrouve avec son amie à l’orphelinat. Elle doit ensuite devenir la demoiselle de compagnie d’un méchante enfant. Ses amours tournent toujours mal. Elle est d’abord amoureuse d’un beau jeune homme qui meurt d’une chute de cheval, puis connaît un autre amour impossible; elle trouve sa consolation dans le soutien indéfectible de ses amis… Elle finit par retrouver sa famille rencontre l’amour avec « son petit prince des collines ».

L’intrigue ressemble à celle des classiques des livres européens pour jeunes filles (Heidi). C’est à la fois un mélo et un roman d’apprentissage.

Le`dessin simplifié, le générique « scie » obéissent aux lois du genre. ( grands yeux ronds des personnages féminin, illustration du goût du joli (« cute ») dans la culture adolescente japonaise.

On fait à la série le reproche de donner une image trop traditionnelle des rôles féminins.

Polémiques.
Les discussions autour des animés japonais sont dans les années 1980 assez véhémentes. On en retrouve encore la trace sur des sites internet aujourd’hui.
Les critiques reprochent à ces animés leur pauvreté visuelle (leur technique est différente de la technique d’animation européenne ; seuls les yeux sont animés lors d’une discussion par exemple ; ou alors les déplacements d’engins volants ou autres sont stéréotypés)

Ils mettent aussi en cause les valeurs véhiculées par les récits (rarement explicitement) ainsi que la violence visuelle. La référence explicite ou implicite est la loi française sur la protection de la jeunesse de 1947.

Les réponses à ces critiques sont souvent véhémentes car les protagonistes se sentent mis en cause dans leurs choix esthétiques et leur sentiment d’appartenance à une génération. Certains soulignent la poésie et l' inventivité des récits. Beaucoup attaquent la mièvrerie supposée des dessins animés « autorisés » ou la pauvreté de la production française. On souligne que certains de ces dessins, au départ, ne sont pas fait pour un public aussi jeune et que, au Japon, la culture accepte la représentation de la violence pour tous les âges. D’autres protestent au nom de l’intégrité de l’œuvre : les coupures sont faites n’importe comment et dénaturent le récit.

Vers une culture de jeunes adultes : érudition et légitimation.

Au cours des années 1990, les mangas deviennent une sub-culture spécialisée plus tournée vers les jeunes adultes. Apparaissent des récits ancrés dans la tradition japonaise : Naruto : récit d’initiation liant philosophie, morale et sports de combats

Document annexe 1

Ségolène Royal dans Le ras-le-bol des bébés zappeurs, p 44 à 46

« « Les Chevaliers du Zodiaque », « Ken le Survivant », « Dragon Ball », « Bioman », « Spielvan », défilent quotidiennement sur TF1, et, pendant l'été (« Dorothée Vacances »), on fait encore moins cher : on ressort « Goldorak », probablement déjà largement amorti sur toutes les télévisions du globe; « Giraya» et aussi « Metalder », deux séries japonaises stupides et violentes à côté desquelles « Bioman » fait presque « haut de gamme ». Le tout suivi, chaque jour de cet été par Les rues de San Francisco, l'inévitable série policière. Bref on enrage devant un tel gâchis. Comment ne pas penser à tous ces gosses des banlieues, cloîtrés entre quatre murs de béton, privés de vacances, et qui n'ont que la télévision pour rêver et pour s'évader, enfants abreuvés de violence, de laideur, de médiocrité.
Pauvre monsieur Bouygues, vous avez imprudemment dit « ni japonais, ni violent »? Ce n'est que coups, meurtres, têtes arrachées, corps électrocutés, masques répugnants, bêtes horribles, démons rugissants. La peur, la violence, le bruit. Avec une animation minimale. Des scénarios réduits à leur plus simple expression.
Comme s'il ne fallait laisser aucun répit. Dévider toujours et toujours des images soi-disant pour enfants : des faux dessins animés jusqu'aux pâles copies des téléfilms pour adultes. Pourquoi ne pas introduire un minimum d'alternance dans le choix des séries ? Pourquoi ne pas y intercaler des rediffusions françaises? Pourquoi ne pas donner un peu d'accalmie avec du cirque, du sport pour jeunes, avec... mille choses parmi les meilleures productions déjà diffusées ou celles des télés voisines (émissions de la BBC par exemple)?
Il existe pourtant de bonnes séries de science-fiction : « Tom Sawyer », et aussi « Conan » (A2). Et de bons dessins animés français : « Touni et Litelle » (TF1), ou « Demetan, la petite grenouille » (FR3, en coproduction japonaise)... Sans parler des stocks de produits de qualité détenus par l'INA
.


Liens :

Albator

http://www.tagtele.com/videos/voir/16391

GOLDORAK Générique

http://video.google.fr/videosearch?q=goldorak+generique&hl=fr&emb=0&aq=0&oq=goldorak#

Jeanne et Serge

http://video.google.fr/videosearch?q=jeanne+et+serge&hl=fr&emb=0&aq=f#q=candy%20tf1&hl=fr&emb=0

REFERENCES :

Chie Yamanaka, « Manwha, manga and cultural identity comics readers and nationalism in Korea », web.

Agnes Chauveau yannick Dehée : Dictionnaire de la télévision française, Nouveau Monde Editions, 2007,

http://membres.lycos.fr/goldotriomphe/lurcat.htm

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