dimanche 19 octobre 2008

M1/M2 Cinéma et cultures "Cinéma et culture savante"

Germaine Dulac, La Coquille et le Clergyman, 1927
Pour préparer le cours du mardi 21 octobre 2008, consulter les documents suivants:
Le film de Germaine Dulac La Coquille et le Clergyman accessible par le lien ci-dessous. Ce film a été au centre du scandale orchestré par les surréalistes mené par André Breton au Studio des Ursulines, le 9 février 1928 . Cliquez sur ce lien
[TRADUIT] The Seashell and The Clergyman-part01.

2°Le récit du scandale, tel que le fait Armand Tallier, propriétaire du cinéma Le Studio des Ursulines, à Roger Régent, dans Les Cahiers du Cinéma, n° 14, juillet-août 1952, p. 11:
" Avant le début du spectacle, la salle était pleine. Chacun affectait une indifférence qui m'inquiétait déjà pas mal, car savais que des incidents étaient probables. Je ne voyais pas sans inquiétude les larges épaules de Breton trônant au milieu de ses disciples, Aragon, Robert Desnos, Sadoul et une douzaine d 'autres qui m'avaient l'air parfaitement décidés.
Après de menus incidents qui ne sortaient pas du train-train habituel, la bagarre commença lorsque apparut sur l'écran le titre La Coquille et le Clergyman. A ce moment Breton se lève et d'un ton parfaitement courtois déclare : " J'ai à dire que madame Germaine Dulac est une ...". ce fut un vacarme affreux. Charles de Saint-Cyr, dans son macfarlane noir se lève : " Je ne tolèrerai pas qu'on injurie une femme devant moi. L'homme qui injurie une femme est un lâche..." Des jeunes gens hurlent : " Au cimetière. Tu n'es qu'une vieille noix..." .Une bataille rangée s'ensuit. Comme on ne peut plus se battre dans la salle, où l'on manque tout de même d'un peu de place, on se rue vers le bar où on peu mieux ajuster ses directs et calculer ses coups de pied au derrière. Le vacarme se prolonge pendant 45 minutes et l'on peut voir nos amis Philippe Hériat, Chomette, Alexandre Arnoux, René Clair allant de l'un à l'autre, essayant d'apaiser les conflits"
Le lendemain je reçus une lettre qui était maculée d'une énorme tache de sang - le groupe surréaliste avait, je croi,s un papier portant cette en-tête-, lettre qui était signée d'André Breton. Il me disait qu'il n'y avait pas d'exemple qu'un directeur de salle ait supporté de telles bagarres sans faire appel à la police. Et que le Groupe surréaliste m'était reconnaissant de ne pas avoir fait expulser les manifestants par la force publique".
cité dans Alain et Odette Virmaux, Les surréalistes et le cinéma, Seghers, 1976, 341 p., p. 173

Le studio des Ursulines
La "Bataille d'Hernani", 1829,

Aucun commentaire: