lundi 5 mai 2008

SEMINAIRE Ecole Doctorale ASSIC "Le conflit".6 et 13 mai 2006

Mardi 6 mai 10-13 h
Centre Bièvres- 1 rue Censier 3e étage salle E

Problématique : Les historiens des sciences et des techniques, et en particulier Bruno Latour, ont développé une approche particulière des situations de conflit. Ils considèrent les polémiques comme des moments privilégiés où sont mis en évidence les positions des acteurs, leurs stratégies, leurs arguments, et la réception de ces derniers. Dans cette perspective l’essentiel n’est plus, comme cela se passait dans l’histoire des sciences « classique », de savoir quelles idées sont, à l’issue de la polémique, considérées comme « justes » et quelles idées sont considérées comme « fausses ». Ce qui importe à l’historien des idées scientifiques est d’examiner les processus par lesquels certaines idées s’imposent comme «justes » tandis que d’autres sont considérées comme « fausses ». Ces processus sont de l’ordre du discours – et donc de la rhétorique- mais ils mettent aussi en branle des stratégies relatives aux institutions.
Cette position de recherche peut être transposée à d’autres domaines de l’histoire des idées.

On travaillera, lors des séminaires du 6 et du 13 mai sur « le conflit » sur deux exemples tirés de recherches en cours dans le domaine de l’histoire culturelle
Le mardi 6 mai
"La fonction de la polémique : de l'histoire des sciences à l'histoire des idées"
- Première partie : Présentation par C. Bertho Lavenir, de textes classiques de l’histoire des idées scientifiques consacrés à la polémique. On considérera en particulier les propositions de Thomas Kuhn sur « la structure des révolutions scientifiques » et celles de Bruno Latour sur les notions d’acteur-réseau, de stratégie, de discours.
- Deuxième partie : Etude de cas transposé dans le domaine de l’histoire culturelle : Amine Khaled, doctorant ASSIC, « Le musée d’art contemporain d’Alger, polémique sur la fonction d’un musée. »
A consulter : B. Latour, La science en action, Folio, 1987;Thomas Kuhn, La structure des révolutions scientifiques, Flammarion, 1872

Le mardi 13 mai:
"La force du discours : la polémique Debray-Sollers sur Venise»
Chacun de ces deux auteurs propose un « usage culturel » de la ville de Venise qu’il considère comme seul légitime. Diverses stratégies discursives permettent à chaque écrivain d’invalider le point de vue du contradicteur et de valider le sien propre. Les deux auteurs cependant ont point commun de proposer une définition du «bon usage » du patrimoine culturel qui s’inscrit dans une histoire et une sociologie de la culture. La notion de « distinction » telle qu’elle a été proposée par Pierre Bourdieu (La distinction, critique sociale du jugement, Editions de Minuit, 1979) peut être utile pour comprendre les stratégies en présence.

A lire : Régis Debray, Contre Venise, Gallimard, 1997, 94 p.
A consulter. Philippe Sollers, Dictionnaire amoureux de Venise, Plon, 2004, 482 p. et La fête à Venise, Folio, 1993, 280 p.
Voir aussi ci dessous la conférence faite à l'ENS de Shanghaï

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