jeudi 21 février 2008

L3 Histoire culturelle " ...mass medias" Cours n° 2


Avec mes excuses, j'avais effectivement oublié de mettre ce texte sur le site...

Notes du cours n° 2 : "Hollywood et le système des studios"

Les films produits à Hollywood entre 1920 et 1960 illustrent le phénomène d’industrialisation de la culture. Ils sont produits par au sein du « système des studios » (Janet Staiger) selon un processus qui les apparente à des produits industriels. Mais leur contenu symbolique et l’émergence du cinéma comme « 7e art » les inscrivent ne même temps au cœur de la culture du XXe siècle
Bibliographie
Frédéric Barbier et Catherine Bertho Lavenir, Histoire des médias, de Diderot à Internet, A Colin, 2003, chap sur le cinéma. Jean-Loup Bourget, Hollywood, La norme et la marge, Nathan cinéma, chap. 3-5 Jean Tulard, Guide des films, et Dictionnaire du cinéma- Acteurs-Producteurs-Scénaristes-Techniciens, coll Bouquins, nombreuses rééditions. Pour identifier les films et les noms.
Films
•MGM : Bathing Beauty, 1944 (ballets aquatiques)
•Paramount : Gone with the Wind, (« Feature »)
•Columbia, M. Deeds Goes to Town, 1936 (comédie sociale)
•Warner, The Public Ennemy, 1931 (gangster)
•RKO, Farewell my Lovely, 1944 (gangster)
•UA, Stagecoach, 1939 (western)
I. Le « système des studios »
Avant 1912 l’essentiel des films distribués aux Etats-Unis est d’origine européenne : Gaumont, Pathé, films italiens. Aux E-U, Edison, industriel et inventeur, tente de verrouiller le secteur par le biais des brevets sur le matériel. Met en place le « Trust »
Les distributeurs. Le secteur est réorganisé à l’initiative de distributeurs qui créent les studios de façon à alimenter leur réseau de salles. Ils s’installent à Hollywood loin des avocats d’Edison et dans une région où l’on peut tourner à la lumière naturelle à des coûts acceptables.
Typologie des studios
Les 5 grands studios (« majors ») sont MGM, Paramount, Warner, Fox, RKO. Ils contrôlent en 1935 88% du CA total du cinéma américain. Universal, Columbia, United Artists sont plus petits. Tous ensemble en 1935 ils contrôlent 95 % de la distribution. Chaque studio possède son histoire et son style mais tous ont des structures économiques analogues
a) MGM - La MGM ( Métro-Goldwyn Mayer) naît à la fin des année 1920 de la fusion de 3 compagnies. Son patron est Louis B. Mayer ( jusqu’en 1950).C’est un gestionnaire plus qu’un créateur, un conservateur qui refuse les engagements idéologiques. Malgré la devise du studio « l’art pour l’art », dans ce studio le producteur passe avant le réalisateur
MGM (suite). La MGM emploie les réalisateurs les plus prestigieux des années 1920 : Von Stroheim, Mervyn LeRoy, King Vidor, Cukor. Le studio les met au service des stars telles que Clarence Brown, Greta Garbo, Victor Fleming ou Clark Gable. Parmi les stars de la MGM ( Garbo, Joan Crawford), Jean Harlow est la figure la plus « populaire » (la moins sophistiquée).
Les hommes (Clark Gable, James Stewart) sont des emblèmes de l’Amérique virile, sportive, entreprenante, pleine d’humour et de bon sens. Les films sont réalisés avec un professionnalisme élevé : les costumes, le son, la photographie sont extrêmement soignés
b)Warner bros
Le style du studio des frères Warner est plus inventif, moins riche, plus engagé. Les propriétaires sont les 4 puis 3 frères Warner. Jack L. Warner dirige personnellement le studio à Hollywood. Il est assisté de Daryl Zanuck comme directeur de production de 1931 à 1933 puis de Hal B. Wallis (1933-46). La Warner considère le cinéma un peu comme on considère alors la presse. Le studio favorise les sujets engagés; divers procédés (montage haché, ellipse, musiques) accélèrent le tempo des films. La Warner produit des films qui racontent une histoire. Elle produit les premiers films sur des sujets sociaux. Certains titres sonnent comme une manchette de presse
Ex : I am a Fugitive from a Chain Gang adapté du roman de R. Burn ou
Heroes for sale de Wellman (1933), sur la répression sanglante d’une manifestation syndicale par la police de Chicago- A la Warner les stars sont au service de l’histoire : Erroll Flynn La charge de la brigade légère, 1936- James Cagney, Edward G Robinson. Bette Davis Vivian Leigh : femmes énergiques
Réalisateurs : Michaël Curtiz : Aventure, espionnage (Casablanca, 1942). 80 films en 25 ans ; Raoul Walsh. Le studio a la réputation d’exploiter les acteurs.
c)Paramount
Le studio est longtemps présidé par Zukor qui intitule son autobiographie The public is never wrong (il meurt en 1976 plus que centenaire). Le « director » a beaucoup de prestige : considérés comme des auteurs. Cecil B. De Mille, Lubitsch, Sternberg,- Films historiques et comédies sophistiquées.
Stars : Marlène Dietrich, Emil Jannings, Claudette Colbert, Maurice Chevalier; souvent « importées » d’Europe
d) FOX
Tradition du documentaire et importance du scénario -Les raisins de la colère
e) RKO (Radio Keith Orpheum)
- Partenaire de RCA (brevet son)- Style production haut de gamme - Décors les plus beau de Hollywood ( art déco) cf Top Hat - Orson Welles réalise Citizen Kane et La splendeur des Amberson
- Les « petites » majors – Universal – Columbia (Capra : veine populiste - « screwball comedies ») - United Artists (Créé par C. Chaplin, D. Fairbank, M Pickford D W Griffith- Les Hauts de Hurlevent prestige (D.O. Selznick)

II. Organisation
Monopole vertical : intégration production, distribution, exploitation; rupture dans les années 1950 lors du divorce entre distribution et exploitation
Concentration capitalistique : après la crise de 1929 rachat par des capitaux de la côte est. Fox / RCA ; Warner/Morgan ; RKO /Rockefeller
Le film un produit industriel ?
Rationalisation de la production - division du travail et spécialisation - Studios : espaces spécialisés avec corps de métiers - Le réalisateur de série prend son scénario dans un casier : budget, temps, acteurs, chevaux tout est précisé
Le texte comme matière première : - achat des textes et optimisation (Reader Digest ; Broadway : 1925 la Fox dépense 150000$ à Broadway (réaction) - retravaillé : spécialistes : script editor, dialoguistes …Ex. à la MGM plus de 60 écrivains- scénaristes- Travaillent sous une même direction- À un moment W. Faulkner, F Scott Fitzgerald, Joseph Mankiewicz …Le séjour de Faulkner à Hollywood inspire aux frères Cohen le film Barton Fink
« Gamme de produits »:- Universal 1927-28 Schéma de production
•11 films de prestige (5 tirés de romans célèbres, 2 de pièces à succès)
•33 films « ordinaires » (fictions type Reader Digest)
•22 films populaires ( surtout westerns issus de la Western Novel)
Histoires calibrées : « previews ». Happy end imposé Réunions pour arbitrer entre
contraintes financières ; désirs supposés du public choix des scénaristes et du réalisateur
Commercialisation: le Star system participe de la publicité- Distribution : « Block-selling »
Résultat: domination mondiale
25 00 salles aux E U- 4500 en France- 1926 on importe 444 films américains /an en France- Production en France 150 grands films en 1921- 52 en 1929
La censure comme assurance contre le risque commercial
1915 : le cinéma devient un genre familial- 1907 Chicago ordonnance de police- Hollywood scandale Patty Arbuckle; Divorce de Mary Douglas pour épouser D Fairbank - 1927 /1930 Code Hays- Un produit industriel
Genres :Un produit standardisé // « gamme »
Le public sait à quoi s’attendre- Les réalisateurs maîtrisent des codes – qu’ils peuvent transgresser »- Comédie burlesque- Western- Comédie musicale …
•Ex Western : issu du roman et de la gestuelle des spectacles de Buffalo Bill- Récit fondateur de la légitimité de la conquête de l’Ouest- Epouse les transformations de la société américaine : ex Tom Mix figure morale de la société victorienne- Mais une créativité renouvelée

Conclusion : l’industrialisation d’un produit culturel est compatible avec la fonction de
production d’un discours symbolique. Le cinéma propose des récits et des images qui une fonction dans la société américaine. Ceci entraîne une réflexion des intellectuels.


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