mercredi 9 janvier 2008

M1"Méthode"-Séminaire du 10 janvier avec le Ceisme


Séminaire M1 avec le Ceisme

"Télévision et identité au Québec"


Fiche n° 2. Les Plouffe
I. LIVRE : "Les Plouffe (1948) est un roman de Roger
LEMELIN, dans lequel l'auteur dresse, avec humour, un portrait très juste de la classe ouvrière de la basse-ville de Québec. La saga de la famille Plouffe couvre la période de la Seconde Guerre mondiale et présente, dans la tradition socio-réaliste, des personnages inoubliables : Ovide, le sensible, qui hésite entre la religion et l'amour; Guillaume, le farceur et, surtout, le héros sportif local; Cécile, la vieille fille aigrie; Théophile, l'inconditionnel « anti-Anglais »; le curé Folbèche, dissident de l'Église et patriote silencieux; et la belle Rita Toulouse. Les imbroglios de l'ambitieux journaliste Denis Boucher, ami d'Ovide et personnage principal du premier roman de Lemelin, sèment le trouble dans une communauté confrontée à la censure, à la conscription et aux syndicats militants catholiques. Peuplé de conducteurs de tramways, de typographes de journaux, de prêtres indiscrets et de voisins curieux, le récit de Lemelin est à la fois une satire et un éloge du mélange des influences américaines et catholiques dans la culture populaire locale. "
Critique du roman « La Famille Plouffe de Roger Lemelin est un roman charnière dans notre littérature de la même manière que Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy. Ces deux romans publiés au cours des années 1940 situent l'évolution du peuple québécois vers des préoccupations extérieures à la paroisse à laquelle sont rattachées les familles. Évolution du microcosme paroissial replié sur lui-même et dominé par le curé et la mère, sa précieuse auxiliatrice. La première partie du roman souligne l'apport des femmes dans la cohérence du peuple. C'est autour de la table que chacun reçoit les prescriptions à suivre pour que la honte ne rejaillisse pas sur la famille. La bouche pleine, il est bien difficile de faire valoir son point de vue d'autant plus que la mère prône celui du curé. C'est ainsi que Joséphine Plouffe, détentrice du pouvoir de l'abbé Folbèche dans son foyer, condamne et fustige tout son petit monde. Mieux vaut rester sous sa jupe que de perdre son âme en allant voir si le gazon du voisin est plus vert.

La deuxième partie amène tout ce qui vient menacer son rôle ancestral. Les familles ouvrières, dont les Plouffe font partie, habitent le bas de la falaise de la ville de Québec, et les plus riches président du sommet à sa destinée. Il n'est pas question de mêler les classes sociales. Mais un jour, plusieurs événements viennent troubler la paix paroissiale. Napoléon, l'aîné, remporte un championnat du lancer du fer à cheval contre des joueurs de la Haute-Ville; Guillaume, le benjamin, se fait remarquer par un entraîneur américain et protestant de surcroît parce qu'il excelle au base-ball. Mais quand Joséphine apprend que Cécile, son unique fille, fréquente un homme marié, c'est le comble de l'opprobre.Cette ouverture sur le monde est renchérie par la visite du roi d'Angleterre qui, à l'aube de la Deuxième Guerre mondiale, vient sonder le cœur des Canadiens. Il apprendra à ses dépens que les Québécois se moquent de ses soucis quand Guillaume lancera une balle de base-ball en direction du cortège royal. Ce sursaut de nationalisme sera vite combattu par une loi, appuyée par le Cardinal Villeneuve, obligeant tous les Canadiens célibataires de se rendre au front pour défendre sa majesté contre les visées hitlériennes.

Le réveil de la population aux problèmes mondiaux est sonné. Jamais la vie des familles québécoises ne sera pareille. Il y a un mécanisme séculaire qui s'est brisé. On s'est incliné devant les ordres des autorités politiques et religieuses. Ces événements ont entraîné une ouverture d'esprit et, surtout, brisé le cœur des mères qui ont perdu leur autorité morale. Quelle déception pour Joséphine d'apprendre que son fils Guillaume est devenu un meurtrier au sein de l'Armée canadienne! Elle aurait été drôlement plus surprise si Ovide lui avait lu toutes les fredaines de son frère Guillaume, contenues dans la lettre qu'il lui a envoyée.En fait, La Famille Plouffe annonce la fin de l'époque décrite par Louis Hémon dans Maria Chapdelaine et l'arrivée d'une société plus ouverte. Pour cette œuvre, Roger Lemelin a énormément travaillé son style. Par contre, il a perdu en dynamisme ce qu'il a gagné en technique. Au pied de la Pente douce, le roman précédent de cet auteur, débordait de fraîcheur tandis que celui-ci charrie l'image pessimiste d'une société qui a perdu sa joie de vivre. Il faut dire qu'il en est ainsi quand nous vivons un moment charnière de l'Histoire."


II. SERIE Traduite sous le titre The Plouffe Family (1950), l'histoire est adaptée pour la télévision en anglais et en français et diffusée sur les ondes de Radio-Canada, dans les années 50.
RECEPTION DE LA SERIE La famille Plouffe - Richard Marenger 13 mars 2005 : « Quand j'étais petit , un soir par semaine le Québec cessait de tourner , car tout le monde se trouvait assis devant le gros téléviseur en noir et blanc pour suivre la saga de cette famille canadienne-française qu'était Les Plouffe . Il fallait suivre les bonnes mœurs de l'époque et il y avait une grosse différence entre le téléroman et le livre . Quand j'ai eu l'âge de pouvoir enfin lire l'original j'ai compris que le bon Théophile Plouffe avait une maîtresse et que Guillaume se servait de ses talents de lanceur au baseball pour lancer des grenades aux allemands. Un peu par hasard je mettais la main sur cette biographie de Julie Royer qui nous apprend comment ce petit garçon de Québec suite à une blessure se mettra à observer le monde qui l'entoure pour produire bientôt Au pied de la pente douce qui deviendra un immense succès . Roger Lemelin a exercé plusieurs métiers se lançant même dans la charcuterie avant de finir ses jours comme éditeur de La Presse . Donc si vous êtes intéressé par la biographie d'un écrivain qui a marqué le Québec ne manquez pas de lire ce livre de Julie Royer . »

III. LE FILM. Les films du début des années 80. Le cinéma québécois du début des années 1980 est marqué par des superproductions qui puisent dans les romans et sont ensuite transformés en téléséries pour le petit écran. Gilles CARLE fait un film en 1981. La formule adoptée par Denis Héroux pour Les Plouffe de Gilles Carle est reprise avec Bonheur d’occasion que tourne Claude Fournier, Le Matou de Jean Beaudin, puis Maria Chapdelaine et Le Crime d’Ovide Plouffe réalisés par Gilles Carle. Ce dernier film est tiré du roman écrit par Lemelin en 1982 en guise de suite des Plouffe. Les deux derniers épisodes, sur un total de six, sont réalisés par Denys Arcand.
Notice. Plouffe, Les (1981-1981) Genre : Drame historique (58)- Langue : Français-Pays d'origine : Canada-Format : 6 x 60 min- Synopsis-Les Plouffe est une famille typique des années 30 et 40. En premier lieu, Théophile, le père de famille et ancien champion de cyclisme travaille maintenant dans une imprimerie. Napoléon, le plus vieux, se cherche un emploi et peut-être l'âme soeur. Guillaume, le passionné de base-ball, n'a pas d'autre but dans la vie. Ovide, que sa mère a destiné à la prêtrise il y a longtemps, est un passionné d'opéra. Cécile, la célibataire de quarante ans, est amoureuse d'un homme marié et finalement Joséphine, la mère de famille, est là pour surprotéger tous ses enfants.



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